vendredi 21 septembre 2018

Marylou - Premiers conseils (8)

Marylou reçut un appel de Pierre, qui souhaitait qu'ils se rencontrent, tous les deux, pour faire plus ample connaissance.

Sa nuit avait été agitée, dans sa tête la soirée repassait en boucle, et dans ses rêves elle voyait une grande main qui lui disait : "je veille sur toi". Au réveil,, elle se sentit finalement relativement sereine, après tout, ses désirs allaient devenir réalité, et dans les meilleures conditions possibles.

Ils convinrent de se voir dans la soirée. Un restaurant gastronomique fut choisi, et rendez-vous fut pris à 19 h. Pierre lui précisa qu'il réserverait une table un peu isolée afin qu'ils puissent parler librement. Et il ajouta qu'il apprécierait qu'elle se présente vêtue d'une robe, ou d'une jupe. Mais qu'il la laissait décider, ce n'était pas une obligation. 

Après avoir raccroché, elle regarda sa tenue de la veille restée sur sa chaise. Confortable et rassurante. Mais, elle savait qu'elle devait apprendre à écouter, et obéir, même si Pierre n'était "que" son Protecteur. Elle décida de lui faire plaisir. Ce soir elle laisserait de côté le pantalon. 

Marylou réussit à obtenir un rendez-vous chez l'esthéticienne et se fit faire un soin du visage. C'est complètement détendue qu'elle rentra chez elle se préparer.

Elle se demandait de quoi Pierre allait lui parler. "Fais pas ci, fais pas ça" ? Vraiment, Marylou était dans l'expectative. Puis elle se demanda à quoi bon se poser trop de questions à l'avance. Depuis quelques jours tout se mettait en place tranquillement, inutile de se compliquer la vie.

Elle arriva quelques minutes avant l'heure prévue au restaurant, et vit que Pierre s'y trouvait déjà. Il lui prit ses mains, les écarta pour mieux la regarder, et la félicita sur sa tenue. Il lui expliqua qu'elle avait bien fait de choisir une robe, et donc de l'écouter. Qu'un Dominant appréciait ce genre d'attitude. Il lui demanda si elle avait hésité, et Marylou répondit que finalement, non, pas tant que cela. Il sourit et Marylou comprit que Pierre lui avait fait passer une sorte de test..

Tu vois, c'est comme une première leçon. Quand tu recevras un ordre, tu devras obéir. Mais quand ce ne sera pas explicitement un ordre, tu devras réfléchir à ce qui ferait plaisir à ton Dominant. Tu comprends Marylou ? Elle comprenait. 

Ils commandèrent et Pierre voulut connaître mieux sa protégée, lui posa mille et une questions, et lui dit que le week-end suivant, ils iraient à un munch. Cela se passerait pas très loin d'ici, dans un autre restaurant, une salle avait été réservée pour l'occasion. Il y aurait des Dominants avec ou sans soumis(e)s, et des soumis(e)s avec ou sans collier. 

Voyant le regard un peu perdu de Marylou, il lui expliqua qu'un soumis, ou une soumise, portait un collier si il ou elle avait un Dominant. Il pouvait s'agir d'un collier, d'un bracelet, c'était un lien entre eux deux. Les soumis(e)s sans collier étant sans Dominant.

C'est sur ces mots qu'ils se séparèrent, Pierre demandant à Marylou de prendre soin d'elle. Il la prévint qu'il la contacterait pour les instructions un jour ou deux avant le munch. 

Elle rentra chez elle, ravie de sa soirée, et très curieuse de celle à venir..












mardi 18 septembre 2018

Marylou - Le Protecteur (7)

Après le repas, ils se retrouvèrent au salon. Laurent mit un peu de musique douce, et l'atmosphère devint tranquille. Puis, Virginie et lui disparurent, le temps de revenir de la cuisine, lui avec un grand plateau, couvert de tasses, cuillères, sucre et biscuits secs et Virginie le suivant avec le café fumant.

Pierre s'était assis près de Marylou. Il prit la parole en disant qu'il y avait une troisième option, à savoir que Marylou ne prenne pas de Dominant, pour l'instant. Laurent sourit en comprenant ce à quoi son ami pensait.

Marylou regarda Virginie, qui à priori ne voyait pas de quoi il parlait. Celle-ci se redressa un peu, et s'appuya sur le bord du canapé, la tête relevée et non plus posée sur le ventre de son mari. Elle était attentive, tout comme Marylou.

Pierre reprit la parole. Il se proposa de devenir son Protecteur. Il lui expliqua le rôle d'un Protecteur. Il la guiderait, la conseillerait, l'emmènerait à des repas - des Munchs - répondrait à ses questions. Tout ce qu'il lui demandait, c'était de l'écouter, de lui faire confiance. Et que même si, n'étant donc pas sa soumise, elle serait entièrement libre, de lui montrer toutefois un minimum de respect, surtout lorsqu'ils seraient en présence d'autres personnes. 

Lui, ferait en sorte que des gens toxiques ne l'approchent pas, lors de ces repas, qui pourraient parfois être des soirées. La confiance était primordiale. S'il lui disait de ne pas parler à telle personne, ou de ne pas aller à tel endroit, elle devrait l'écouter aveuglément.

Là-dessus, Laurent confirma que c'était une très bonne idée, surtout connaissant Marylou depuis tant d'années. Ne précipitons rien, Pierre sera de bon conseil, je n'avais pas pensé à cette possibilité, et pourtant c'est bien la meilleure.

Marylou réfléchit, en tournant sa tasse de café dans ses mains. Un Protecteur. Cela lui semblait un bon compromis. Elle ne s'engageait à rien, même si elle se doutait que Pierre deviendrait son Dominant (où en trouver un autre ?), mais au moins elle aurait du temps devant elle.

Des repas. Quelle surprise. Des repas avec d'autres personnes qu'eux quatre. L'idée l'émoustillait. D'une part elle verrait d'autres couples, regarderait leur façon de se comporter (les soumises étaient-elles toutes comme Virginie ?) et d'autre part elle pourrait apprendre encore plus de choses. De plus, Pierre serait là pour la protéger.

Elle releva la tête, les regarda tous les trois, et dit qu'un Protecteur lui irait très bien. Se tournant vers Pierre, elle lui sourit en disant qu'elle était d'accord pour qu'il devienne son Protecteur. 

Pierre et Marylou remercièrent leurs amis pour cette invitation, se séparèrent en bas de l'immeuble, échangèrent leurs numéros de portable, et rejoignirent chacun leur voiture...








samedi 15 septembre 2018

30000

Bébé blog n'en est plus un. Huit mois, et 30000 visites.

Que dire ? A part merci.

Merci de prendre le temps de venir lire mes petites histoires, réelles ou pas.

Merci de ne jamais être dans le jugement.

Merci aux fidèles qui commentent, ce qui me rassure.

Merci aux lecteurs silencieux, laisser un commentaire n'est pas chose aisée. Mais je sais que vous êtes passés.

Au début, on se lance en se disant qu'on va se planter. Qui sera intéressé par ma prose ? Et là, surprise, on se rend compte que si, il y a des visites, et pérennes. 

Alors, on continue, parfois c'est facile, on a des choses à dire, on trouve également l'imagination nécessaire pour inventer des histoires. 

Et parfois, sans rencontre, rien à raconter, et le syndrome de la page blanche peut aussi débarquer. Je pense qu'on a tous connu cela (sauf peut-être François-Fabien, lui, il m'énerve, il vous écrit des textes magnifiques en deux temps trois mouvements lol. Une bête de texte.)  

Céline, Cléa, AnonyMiss, MiAnge-MiDémon, François-Fabien, vous me donnez de la lecture, et savez m'encourager.

Voilà, je profite de ce moment, puis-je ambitionner les 50000 ? On verra. J'aime écrire, c'est l'essentiel. J'essaie de rester moi-même, le plus possible.

Et bien sur, merci à Monsieur Dartagnan, qui a fait de ma vie ce qu'elle est maintenant.

Héléa












Marylou.La décision (6)

Debout devant l'armoire, Marylou angoissait. Virginie, Laurent, Pierre. Tous les trois concernés par ses fantasmes. Qui n'étaient encore que ça, des fantasmes. Souhaitait-elle, saurait-elle, franchir le pas ?

Elle regardait ses vêtements. Selon les photos qu'elle avait vues, les soumises étaient soit en robe, soit nues. Elle prit donc un pantalon noir, un chemisier prune et un petit pull noir. Elle se sentait protégée, habillée comme cela. Et puis, c'était pour un repas. 

Un repas. Mais pas que. Allez, courage. Elle monta dans sa voiture, un peu frémissante, et se dirigea chez ses amis.

C'est une Virginie toute douce qui lui ouvrit la porte, l'emmena par la main au salon où Laurent buvait une flûte de champagne avec un homme légèrement plus âgé qu'eux, une chemise blanche sur un jean bien coupé.

Les deux hommes se turent, accueillirent Marylou gentiment, leurs regards sur elle la fit rougir. Pierre laissa échapper un "charmante" en souriant. Virginie se laissa glisser, une nouvelle fois, aux pieds de Laurent. Sentant sa gêne, ce dernier désigna un fauteuil à Marylou, ce qu'elle apprécia. Ainsi elle n'avait personne près d'elle.

Pierre entama la discussion, sur le métier de Marylou, ses passe-temps, des sujets légers, ce qui permit de briser la glace. La vue de Virginie par terre finit par ne plus la surprendre. Elle se demandait ce que pouvait ressentir son amie là, mais il suffisait de la regarder pour voir que c'était surtout du bien-être. Elle lui avait dit, au café, qu'elle s'y sentait "à sa place". 

Son amie se leva, et proposa de passer à table. Laurent regarda Marylou, et lui demanda si elle avait pu faire un peu le point, ce qu'elle désirait, à savoir, si elle avait envie de connaître cette vie un peu hors normes, ou si elle préférait, et elle en avait tout à fait le droit, rester sur des fantasmes. 

En rougissant et bafouillant, les papillons au ventre, elle baissa la tête et murmura qu'elle souhaitait essayer. 

Laurent lui dis alors que dans ce milieu, il fallait faire attention. Ne pas aller avec n'importe qui, surtout qu'elle était totalement novice. Un regard vers sa femme, qui donna un petit coup de tête pour dire oui silencieusement, et il continua. Tu as plusieurs possibilités. Deux en fait. Tu nous connais depuis plusieurs années. Je peux, si tu le souhaites, être ton dominant, mais sache que Virginie est ma femme, ma soumise, ma prima donna. Cela n'empêchera pas que je m'occupe bien de toi. Elle est d'accord, nous en avons déjà parlé.

Marylou n'avait jamais envisagé cela. Mais c'est vrai que si Virginie était avec elle, ce serait rassurant. 

L'autre solution, Marylou, serait que tu aies ton propre Dominant. Il t'initiera, et tu seras seule. Sa soumise. Qu'en penses-tu ?

Cette solution aussi semblait tentante. Il n'y aurait que moi, pas de jalousie, et j'aurais mon Dominant. Elle leva les yeux vers Pierre, croisa son regard. Et baissa les yeux...









jeudi 13 septembre 2018

Marylou. Fait confiance.(5)

Marylou finit par répondre au cinquième appel de Virginie. Et accepta de la retrouver pour un verre en ville. Juste toutes les deux. 

Elle avait eu largement le temps de revoir dans sa tête, encore et encore, son amie glisser avec tant de naturel aux pieds de Laurent. Et son air heureux faisait plaisir à voir.

Bien sur Laurent l'avait déstabilisée, il n'était pas le même que d'habitude. Donc Laurent, DominantMonsieurMaître. Ça alors... Virginie soumise. Jamais elle ne l'aurait imaginé.

Elle se prépara, et rejoignit son amie. Celle-ci l'attendait, radieuse, et cependant légèrement gênée. Ce qui pouvait se comprendre, pensa-t-elle. 

Virginie ouvrit grand les bras et Marylou s'y précipita. Elle avait besoin d'être rassurée, et plusieurs heures passèrent durant lesquelles son amie lui expliqua sa vie cachée, son bonheur, et bien sur sa joie de savoir que sa meilleure amie était intéressée par la D/s, qu'elle franchisse le pas ou pas.

Elle lui expliqua le joli bracelet de cheville qui ne la quittait jamais. C'était en fait son collier, mais par discrétion, elle le portait à la cheville. C'est comme si Laurent était toujours près de moi. 

Hypnotisée, Marylou regardait ce collier, qu'elle connaissait, bien sur, en prenant conscience de sa vraie valeur.

Les craintes que pouvait encore ressentir Marylou, disparurent car elle n'avait jamais vu son amie malheureuse, déprimée ou marquée. Celle-ci cependant lui rappela que parfois certaines marques étaient bien cachées, mais qu'elle ne s'inquiète pas, si elle continuait dans cette voie elle saurait vite si elle était faite pour cela ou pas.

Vint le moment où Virginie lui proposa de revenir dîner chez eux. Lui expliquant qu'elle avait la grande chance d'avoir des amis dans ce milieu, que ni Laurent ni elle ne voulait qu'elle tombe sur un malade, et qu'ils devaient parler tous les trois pour savoir ce que recherchait exactement Marylou, en tant que novice. Il y avait plusieurs solutions, mais ils devaient en parler en toute franchise, en toute confiance. 

Marylou hésitait. Tout son corps était crispé. Elle voulait, ne voulait pas. Virginie se taisait et attendait. Souriait, confiante. Et lui tenait la main, en la pressant doucement. Et Marylou se décida. Si elle ne profitait pas de cette chance, elle qui était carrément obsédée par le sujet, cette chance d'être entourée et protégée, elle ne retrouverait jamais pareille opportunité. 

Elle sourit à son amie, et lui demanda quand elle devait passer chez eux. Rendez-vous fut pris le lendemain soir, 19 heures. Virginie précisa à son amie que peut-être un ami serait là, si elle n'y voyait pas d'inconvénient. Un Dominant de leurs amis, qui n'avait plus de soumise depuis quelques mois. Cela lui permettrait de voir qu'entre Laurent et Pierre, les Dominant étaient souvent des gens biens, et bien sur, rien n'obligeait Marylou à quoi que ce soit. Et un repas à quatre serait plus équilibré. Était-elle d'accord ? 

Mais Marylou avait franchi le pas, ne serait-ce qu'en répondant au téléphone. Elle répondit donc que oui, sachant qu'elle pourrait rentrer chez elle.

Elles se séparèrent en s'embrassant, et se promirent de se revoir le lendemain soir. Et Marylou, en passant devant une vitrine, surprit son reflet, avec un sourire radieux...






lundi 10 septembre 2018

Marylou. Révélation (4)

Marylou continuait à fantasmer, à naviguer d'un site à l'autre, sans avancer d'un pouce dans ses recherches. Elle ne cherchait pas. N'osait pas, un dernier sentiment de gêne et de honte mettait un frein à ses envies.

Virginie l'appela et lui proposa de venir prendre un café. Laurent et moi souhaiterions te parler, si tu veux bien. Mais non, rien de grave, détends-toi ma puce. On t'attend avec impatience. Tu aimes toujours les tartelettes à la fraise ?

Marylou se prépara, monta dans sa voiture en se disant que mince, c'est nouveau, ce type d'invitation. J'espère qu'ils ne vont pas divorcer.

Laurent lui ouvrit la porte, petit bisou sur la joue, tu vas bien Marylou ? Viens t'assoir. Elle s'assit dans le fauteuil face à eux deux. Il y a quelque chose de changé dans leurs attitudes. Un je ne sais quoi de légèrement tendu, et en même temps de bienveillant. Virginie était un peu rouge, un sourire hésitait à percer. Mais bon sang que se passait-t-il ?

Bizarrement, c'est Laurent, qui après lui avoir servi café et gâteau, se lança. D'un ton qu'elle n'avait jamais entendu auparavant. Calme, bienveillant (?) et cependant incisif.

"Virginie m'a dit que vous aviez parlé de quelque chose de particulier l'autre soir, Marylou. T'en souviens-tu ?"

Tu parles qu'elle s'en souvenait. Mais qu'est-ce qui lui a pris de lui dire ? Elle jeta un regard assassin à Virginie, qui baissa les yeux. Ha mais vraiment. C'est SON amie, elle se confie, et elle va balancer à son mari ? Je la retiens celle-là.

"Heu, oui, bon tu sais, des trucs de filles quoi".
"N'aie pas peur. On parle, c'est tout. On se connait depuis trois ans fais-moi confiance"
"..."
"Marylou, Virginie m'a parlé de tes recherches. Pourquoi ? Parce qu'elle est obligée de tout me dire. C'est moi qui l'ai exigé. Ne lui en veux pas, elle ne fait que m'obéir." 

Elle sentit, au ton que prit Laurent, des papillons au creux de son ventre. Mais que se passe-t-il à la fin. Elle était perdue, ne comprenait pas.

"Tu sais Marylou, chercher et trouver un dominant peut s'avérer dangereux si comme toi on n'y connait rien. Mais je vais t'apprendre quelque chose que peu de nos amis savent. Marylou, en plus d'être le mari de ta meilleure amie, je suis son Maître, depuis que nous nous connaissons."

Puis il se tut, la laissant digérer ce qu'elle venait d'entendre. Elle regarda Virginie, étrangement silencieuse, tête baissée, et qui, comme si elle avait fait ce mouvement des milliers de fois, se laissa glisser du canapé au tapis, se glissa entre les jambes de Laurent et appuya sa tête sur sa cuisse. Où la main de son mari se posa comme par automatisme. Et Virginie souriait, sereine.

Cette scène intime, dont elle avait vu des tas de photos, la cloua sur place. Elle avait perdu la parole, la notion du temps, la faculté de réfléchir, raisonner, Virginie et Laurent, Laurent et Virginie, c'est quoi cette histoire ? Mais c'est pas vrai je n'y crois pas.

Elle se leva, ouvrit la bouche, ne sut que dire, reposa l'assiette avec la tartelette qu'elle avait à peine touchée, sur la table, les regarda une dernière fois, pris ses affaires et rentra chez elle. 







vendredi 7 septembre 2018

Marylou. Se confie (3)

Elle était toujours là. L'envie. Elle voyait ses livres dans sa bibliothèque, Christian et Anna, et elle voulait son Christian. Son DominantMonsieurMaître. Elle voulait connaître l'attente de la rencontre, le retrouver, dans un hôtel supposait-elle, et là c'était un feu d'artifice d'imagination, de fantasmes.

Forcément. Et parfois, elle déprimait un peu. "Je ne trouverai jamais cet homme, vraiment c'est compliqué". Cela la rongeait quelques heures, et elle retournait prendre sa dose sur Google. Et le moral remontait. 

Mais elle tournait en rond. 

Quelques temps plus tard, elle fut invitée à dîner chez son amie Virginie. Celle-ci était mariée à Laurent, qui n'était pas encore rentré du travail. Marylou connaissait Virginie depuis 3 ans, elles avaient fait connaissance au club de gym. Chacune à souffrir sur des appareils côte à côte.

Elles avaient sympathisé, s'étaient trouvé des tas de points communs, et une belle amitié s'était installée tranquillement. Laurent était gentil, elle prenait plaisir à passer du temps avec les deux.

Ce soir-là, elles attendaient donc le mari de Virginie, quand Marylou découvrit sur la table basse le tome II des 50 nuances. "tu lis ça toi ?" 

Elles partirent sur une discussion amusante, "tu es allée voir le film ?" sans tabou de la part de Virginie, avec beaucoup de gêne de la part de Marylou, qui se rendit compte que son amie la regardait d'un drôle d'air.

"Quoi ?" demanda-t-elle ?
"Cela n'a pas l'air d'aller Virginie"
"Si, si..."
"Mais dis ! Je peux tout entendre, tu le sais bien"
"C'est rien, c'est ce livre..."
"Quoi, ce livre ?"
"Non rien..."
"Ha mais dis ! T'es pénible à la fin."
"C'est juste..."

Laurent ouvrit la porte. Sauvée par le gong, se dit Marylou.

Après les embrassades, l'apéro et le repas, dans une ambiance amicale malgré les regards appuyés de Virginie ("toi, tu ne perds rien pour attendre, la menaçait-elle silencieusement"), Laurent les laissa "entre-filles". A peine la porte passée, Virginie attaqua :

"Alors ?"
"Alors, ça me fait bizarre, depuis que j'ai lu ces livres"
"Bizarre comment ?

Et elle lui raconta tout, le rouge aux joues. Virginie la laissa parler jusqu'au bout, écouta tout, sans sourire, sans paraître horrifiée, lui tenant la main. Les envies, les fantasmes, obéir, se soumettre, souffrir, adorer. Elle prononça ces mots timidement, les yeux baissés, honteuse.

Lorsqu'elle eut fini, Virginie la regarda, ouvrit la bouche, la referma, donna l'air de réfléchir, et lui dit :

"Écoute Marylou, ce que tu ressens n'est en rien honteux ou risible. Rien que le fait que ce livre existe prouve bien que c'est quelque chose qui intéresse beaucoup de monde. Il est tard, rentre chez toi, je te rappelle très vite. Arrête de t'en faire, je suis là et je vais t'aider à passer ce cap, ne t'inquiète pas."

Et c'est sur ces paroles bien mystérieuses que Marylou rentra chez elle, libérée d'avoir pu parler avec quelqu'un, quelqu'un sans jugement. Elle retourna un petit moment sur Google pour baigner dans cette ambiance, et alla se coucher, tout en se demandant ce que son amie avait bien pu vouloir dire avec son "je vais t'aider"....