samedi 25 mai 2019

Les cordes, c'est fantastique !

Les cordes, j'aimais bien. J'étais au calme, je rêvassais pendant que Monsieur s'amusait.

Parfois je disais que c'était trop serré, parfois je répondais que non, ça va, pas trop serré.
Même, il m'arrivait de lui rappeler ce que Calamity avait dit à propos d'un truc (oui les noms japonais, je ne les retiens pas, déjà qu'en anglais j'ai du mal..)
Mais voilà, mes sensations s'arrêtaient là.


Alors oui, une fois attachée, Monsieur passait à d'autres jeux qui oui, forcément, me faisaient réagir, en mal comme en bien. Au bout d'un moment j'en avais marre, je gigotais, me faisais mal toute seule, parfois limite panique du coup, et il fallait me détacher rapidement.

Mais il manquait ce ressenti dont parlaient certain(e)s, ou que je devinais sur les photos.


Ca me plait, aussi, de vadrouiller sur les "Evènements" sur Fetlife. Et là un jour je vois un workshop chez DirtyVonP et bien sur Calamity, le sujet étant "Contrainte et sensualité, communication et jeux intimes". Tout ce que j'attendais.

C'était pour nous ça ! Restait à en parler à mon Maître, mais il l'avait déjà vu. Et il savait ma frustration et était partant.

Fait important, on allait chez des gens que nous connaissions, j'étais totalement rassurée.

Plus la date approchait et plus j'étais impatiente. J'allais passer tout un week-end avec Lui, ce qui déjà en soi me faisait vraiment plaisir. Mais je pensais beaucoup à ces quatre heures au Studio. Avec mes doutes habituels, du genre : et si ça ne marche pas sur moi, patati patata... Héléa et la confiance en soi.

Comme d'habitude, l'accueil a été tip-top, et maintenant on commence à reconnaître des gens (tiens j'ai réussi à retrouver un couple sur Fetlife c'est sympa - si les autres se reconnaissent n'hésitez pas à m'envoyer un mp).

Tiens, trois magicwand étaient posés sur une petite table. Nous sommes 6 couples ? Bon oublions.


Calamity fait un tour de table, ou de tatamis, pour savoir nos attentes.

Pour la première fois DirtyVonP menait la séance, secondé par Calamity.
Il explique qu'il faut savoir mêler la Contrainte avec les cordes, mais aussi, faire comprendre qui mène la danse et montre certains gestes imparables.


Puis travaux pratiques, tout le monde s'active (sauf les modèles) et à la fin, notre Professeur dit qu'on n'a rien fait de ce qu'il avait demandé. Bon.
Mais le second essai était bien. Les riggers ont bien suivi. je peux le confirmer car mon slip était bien humide. Première fois depuis que je me fais attacher que j'ai ce ressenti, sans autre accessoire en plus, ou une fessée.

On arrive à la pause, re-tour de table, mon tour arrive et je dis que je pensais avoir trouvé ce que je cherchais, sans trop en dire plus, car j'étais gênée.

Seconde partie, le groupe est séparé en deux, trois dans le donjon et trois sur le tatamis.

Dans le donjon, un fauteuil, un banc à fessées et un bureau. Chaque rigger devait faire exactement ce qu'il voulait à son/sa modèle, attacher selon son imagination. Avec DirtyVonP qui était là pour aider. C'est la partie que nous avons faite en premier. Petit souvenir pour moi car en janvier j'étais allée au munch and play et Chapinup et Lapou m'avaient invitée à jouer avec eux...

Ensuite nous avons changé de salle et chacun des trois couples que nous étions avons pris un fauteuil. Je me suis retrouvée à l'envers, une jambe pliées, un autre attachée à un bambou au plafond, les mains liées derrière cette jambe.

Monsieur glissait (je crois) un bambou près de mes pieds, conseillé par DirtyVonP. J'évitais de trop penser que j'étais les jambes écartées, ces deux hommes penchés sur moi, et je savais qu'en plus Calamity mitraillait avec son appareil photo. (Nous avions tous donné notre accord au préalable).


J'ai commencé à entendre le vrombissement d'un magicwand un peu plus loin. Oh non. C'est pas vrai, pas ça. Ha bin si. Monsieur, toujours conseillé par DirtyVonP, en a posé un là où ça va bien. Toujours cette image de ces deux hommes au dessus de moi, heureusement j'ai fait l'autruche, j'ai fermé mes yeux. Ce qui n'a pas empêché que je le sente se poser sur moi, puis vibrer...

J'ai du crier cinq secondes après la personne juste derrière moi. J'ai vaguement entendu Calamity dire que c'était beau. Et moi, hé bien, je m'en fichais.


Ok, nous étions huit dans cette pièce. Je me suis concentrée sur ce que je ressentais, je les ai oubliés un instant, j'ai enfin lâché prise. J'étais dans ma bulle.


Je suis assez fière de moi sur ce coup-là.

Merci à Vous, Maître, à CalamityS et à DirtyVonP, et aux cinq autres couples très sympathiques qui nous ont accompagnés ce 19 mai.

Et oui, c'est moi là-haut.



mardi 21 mai 2019

Le Cadeau




Elle regarde ses comptes. A découvert, déjà. La moitié du mois, seulement. 

Mais elle a trop envie. Il la gâte tellement, c'est plus fort qu'elle.

Ce week-end c'est atelier. Elle sait qu'il est tenté par le livre tuto des professeurs qu'ils vont voir.


Oui mais non, ce n'est pas raisonnable, dit le petit ange sur l'épaule droite.
On ne vit qu'une fois, et cela lui fera plaisir, susurre le diablotin sur l'épaule gauche. Elle aime bien ça, les diablotins. C'est plus marrant.


Et comme elle n'est pas raisonnable, petites magouilles par sms et le livre est préparé pour elle. Pour Lui. Il les attend. Dédicacé, ma chère..


Elle est taquine et l'a prévenu, je Vous ai fait un cadeau. Sur place : "Mince, je l'ai oublié". Les yeux montrent une légère déception mais Il sourit et dit, gentiment menaçant : "ça se paiera ma soumise"... La soumise se marre intérieurement.


Et à la pause, petit regard discret entre l'hôtesse et elle, traduction, c'est prêt dans la cuisine, et il reçoit son livre dans sa pochette cadeau.


Elle voit le sourire, celui qui va jusqu'aux yeux, et elle s'en fiche, du découvert !







dimanche 12 mai 2019

Trois mois


C'est tout moi, de compter. Après-tout c'est mon métier. 
J'ai compté ici le premier mois, le nombre de visites...
C'est plus fort que moi. Je compte les marches d'un escalier, les carreaux par terre aux toilettes (si si c'est vrai, allez-y moquez-vous)

Et là, je me dis que ça fait trois mois que je vis une belle histoire avec mon Maître. 
Je ne trouve pas de mots pour expliquer ce que je ressens. Ou plutôt j'en aurais trop. 
Mon cerveau est ainsi fait que mes pensées partent souvent dans tous les sens. 

Si je devais le décrire, je dirais en premier qu'il arrive encore à me surprendre. Cela a commencé par me proposer de nous rencontrer alors que son profil ne correspondait pas vraiment au mien, et d'insister pour que nous le fassions, suivi par cette surprenante proposition lors de notre première rencontre (je vous laisse chercher), pour finir par ce week-end à deux.. (D’autres choses encore mais je ne vais pas tout raconter une nouvelle fois). 
Et, je suis certaine qu'il me prépare encore des choses.

Ensuite, je parlerais de sa bienveillance. 
Il m'a "récupérée" dans un sale état, tant sur le plan de la désastreuse expérience bdsm dont je sortais, que dans ma vie privée. 
Il a pris soin de moi, même lorsque je n'étais pas d'accord. Il m'a confié ensuite qu'il était vraiment inquiet. Il a su soigner mon âme et mon corps. 
Je lui demande parfois pourquoi il n’a pas fui en courant…

Il est généreux, aussi. Et compréhensif de ma situation, côté santé. 

Parlons maintenant de notre relation D/s. Il veut savoir. Me pose des questions. Retient. Ajuste. 
Mais attention, il n’hésite pas à me faire avancer, lui aussi a ses envies. Lorsque nous sommes ensemble, dans ces moments si intimes, j’éprouve beaucoup de sentiments envers lui. 
Cela va de la rage comme lorsque je suis coincée, ligotée, incapable de repousser ses mains. J’ai déjà craché un « je vous déteste » que bizarrement il a beaucoup apprécié… 
Mais aussi une grande tendresse, lorsqu’il me prend dans ses bras, me caresse, me parle doucement. 
De toutes façons même contrarié il parle doucement. L’intonation est certes différente, mais jamais il n’élève la voix.

Ce petit billet pour vous dire, Monsieur, que je suis heureuse de vivre cette relation avec vous, depuis donc trois mois. J’espère qu’elle durera.











jeudi 9 mai 2019

Commémoration du 8 mai 1945


Mon Maître et moi sommes lovés sur le canapé, moi juste vêtue de Dim’up, blottie dans ses bras. Nous venons de passer un moment où j’ai, une nouvelle fois, dépassé (un peu) quelques limites, enfin, où Monsieur me les a fait dépasser.

Ma journée a été longue, commémoration du 8 mai en uniforme, rentrer en quatrième vitesse chez moi pour une douche et me changer en soumise sexy (dixit Monsieur), et filer au lieu de rendez-vous où nous devions déjeuner avec un autre couple.

J’ai réussi à être largement en avance, un bon quart d’heure. Sauvée.

J’étais un peu stressée. J’avais des consignes, par exemple, ne jamais couper la parole à un autre Monsieur, éviter de parler trop fort avec sa partenaire (je dis partenaire car eux et nous ne sommes pas dans la même relation, nous donc Maître/soumise, eux plutôt partenaires de jeux, occasionnellement).

Mais surtout, j’allais rencontrer un autre couple. Une des choses qui pouvaient me tétaniser il y a seulement quelques mois. Il faut dire que ce n’étaient pas les mêmes circonstances. Je n’étais pas obligée de rencontrer des inconnus avec qui je n’avais jamais ne serait-ce que parlé. Là, j’avais envie de les voir, et avec Melle S on s’entend bien, on se téléphone, c’est sympa. Monsieur Juste-Moi, c’est différent, c’est un Dominant, je n’ai pas du tout la même relation. Mais je le porte dans mon cœur car il a su me soutenir il y a quelques mois, avec une grande bienveillance. Cela fait donc plusieurs mois que nous échangeons en virtuel.

Je crois que ce qui m’inquiétait le plus, c’est de ne pas me comporter comme je le devais, et éventuellement le gêner ou pire faire honte à mon Maître. 

Lorsqu’ils sont arrivés, Melle S semblait avoir froid, une écharpe autour du cou, qu’elle a conservée jusqu’au bout. Nous nous sommes mises face à face, ces Messieurs également. Je devais me freiner de parler avec elle, pour ne pas qu’on entende que nous. 

Monsieur Juste-Moi était très décontracté, donc entre lui et Melle S, je me suis détendue très vite. Mais faire constamment attention à son attitude est compliqué. C’était un bon entrainement, si nous allons fin juin à la grande soirée. Les deux Messieurs m'ont semblé bien s'entendre.

A un moment donné, mon Maître nous signale que les deux jeunes femmes à côté de nous ont entendu suffisamment de détails de nos échanges pour comprendre. Elles se souriaient discrètement, chuchotaient, bref, je pense qu’elles ont de quoi raconter pour plusieurs jours. C’est sûr que cela ne doit pas être fréquent d’avoir des gens comme nous à la table d’à-côté.

J’ai appris que Monsieur avait très envie de me faire essayer un masque à gaz. Je ne le savais pas. Voir Monsieur Juste-Moi mimer ce que je devais faire pour apprivoiser ce masque, en plein milieu d’un restaurant était assez épatant.

Et, là, discrètement, Melle S a écarté son écharpe, et nous avons pu admirer le joli collier qu’elle portait dessous. Avec sa laisse métallique. Forcément, un collier de cuir avec des pointes métalliques, c’était peut-être mieux de le cacher. 

Nous nous sommes séparés au bout d’un bon moment, j’ai hâte de les revoir, je pense encore à eux lovée contre mon Maître.

Je lui dis que s’ils avaient proposé un café chez eux, je pense que j’aurais dit oui. « C’est bon à savoir » me répond-il.

Nous repensons à plein de moments, on rit tous les deux.

22h30. Il se prépare à rentrer chez lui, il faut bien compter 40 mn. Il range ses cordes, moi le reste (je refuse de plier les cordes). 

Je n’ai pas envie qu’il parte. Mais demain c’est boulot. 

Une sacrée journée, qui a commencé avec le chant des partisans, et s’est terminée par la danse du martinet.

Merci Monsieur.
Merci Monsieur Juste-Moi et Melle S. (qui a bien voulu poser pour la postérité)









dimanche 5 mai 2019

La pièce - Par Monsieur Paul

Lundi, 13h. Après le repas, avec les collègues nous nous rassemblons autour de la machine à café.

Machinalement, je fouille ma poche pour en sortir une pièce.


Au moment de l'introduire dans le monnayeur, je m'immobilise, un éclair me parcourt.


Je réalise que ce n'est pas une pièce. C'est LA Pièce.


Il y a 24 heures, ma soumise était sur son canapé. Non pas en train de se relaxer, comme des millions de personnes à cet instant.

Mais à subir toutes sortes de maltraitances.


Yeux bandés. Pieds et mains ligotés. Corps recouvert d'une fine combinaison de nylon noir.
Mes mains parcourant sa poitrine, ses jambes, son sexe.


Ses fesses, ses cuisses, la plante de ses pieds subissant les morsures de ma cravache.
Un bâillon entravant sa bouche.


Seule échappatoire, seule possibilité de s'exprimer si tout cela allait trop loin, dépassait ses capacités, une pièce. Une petite pièce, qu'elle tenait fermement dans son poing crispé.


Malgré la douleur, les larmes jamais très loin, elle l'aura gardée.


Jusqu'à ce que ses tourments prennent fin, où, encore haletante, elle me la rendit.


Mes collègues, constatant ma contemplation, se doutent ils de ce qui la provoque ?
Combien d'entre eux ont jamais rêvé d'une telle situation, combien d'entre eux l'ont jamais vécue ?


Non, pas de café aujourd'hui. Je rempoche ma pièce. Je ne veux pas m'en séparer.

Et puis je suis sûr qu'elle servira à nouveau...

















mardi 30 avril 2019

Le week-end, ou quand la réalité se rapproche de la fiction

Il y a un an, peut-être un peu plus, j'ai écrit une fiction à épisodes intitulée "un week-end de soumission".

Lorsque mon Maître m'a envoyé un sms m'invitant à un week-end, je n'ai pu m'empêcher d'y repenser. C'était amusant. 

Je savais que cela n'aurait pas grand chose à voir, autant sur la durée que sur ce qui s'y passerait, (j'avais raconté des punitions que je ne connaissais même pas, parfois aidée par des copines) mais tout de même, je ne pensais pas vivre ce genre de chose.

Alors voilà, comme d'habitude, j'avais peu de temps pour m'y préparer, vu que la spécialité de mon Maître est le J+peu, n'est-ce pas ?

Je lui avais proposé de venir chez moi la veille au soir, pour gagner un peu de temps de transport. Hé oui, si nous devions rouler quelques heures, autant qu'il n'ait pas en plus à faire le trajet de chez lui à chez moi le matin. En fait, la location était à moins de 30 minutes. Aurais-je du le laisser chez lui, finalement ? (Je plaisante Monsieur).

Trente minute, mais on changeait de département, toute une expédition lol.
C'était bien sympa quand même, les valises et sacs, prévoir le casse-croûte, partir avec Lui, moi j'étais heureuse.

Arrivés à l'appartement, (cela se méritait, une côte d'enfer, je n'arrivais plus à respirer normalement, je pense que tout le monde m'entendait ahaner) je me demandais ce qui allait se passer. Je savais ce qu'il avait mis dans ma valise, pioché dans son tiroir chez moi, mais aucune idée de ce que lui avait apporté.
En fait, nous avons déjeuné. Vite fait, des snacks du boulanger. Puis un petit café sur la place.

Nous sommes remontés, et Monsieur a commencé à m'attacher. Il avait apporté, me sachant très frileuse, un petit radiateur soufflant (voilà donc ce qu'il cachait dans son sac !). Très prévenant. Puis, très vite, j'ai eu envie d'aller faire pipi, et en râlant un peu, il m'a détachée. Et là, j'ai décidé, dans la salle de bains, de ne plus en sortir. Petit caprice. Monsieur a décidé, du coup, de couper le courant pour me laisser dans le noir. Grosse bêtise. Impossible de remettre le disjoncteur en fonction marche. Appel au propriétaire, moi pliée en deux (intérieurement - bah il ne devrait pas lire).

Bon, il a repris les cordes et s'est remis au "travail". C'était sans compter sur la casse-pieds de service, qui commençait à se geler. Et qui a fini par gigoter dans tous les sens (résultat, pour moi, mal aux poignets et aux chevilles, et pour lui, un coup de pied sur la tête). Il m'a recouverte de la couette, assez mécontent je l'avoue.

Quand le propriétaire est venu réparer, j'étais attachée, sous la couette, avec le bâillon boule, en espérant qu'il n'ait pas à venir dans la chambre. Assez cocasse, j'y penserai si j'écris un nouvel épisode de mon feuilleton, j'ai déjà le titre : La coupure.

Ensuite, hé bien, comment dire, je me suis retrouvée très déshabillée, très attachée, sur un lit qui grinçait. Mais j'avais chaud. Quelle bonne idée ce radiateur soufflant !

Mon côté douillet s'est encore manifesté, mais cette fois Monsieur était plutôt énervé, ce qu'il me faisait ne méritant pas que je crie comme ça. Je me suis mise à pleurer. Beaucoup. Cela m'a surprise car je n'ai pas l'impression que cela me soit souvent arrivé, de pleurer. (pas chouiner, vrais pleurs, vraies larmes, nez qui coule, la totale.) Il a attendu encore un peu puis m'a libérée. J'avais honte de moi, mais il m'a consolée, caressée. 

Mine de rien, l'heure avançait, et comme on avait tout prévu, on s'est pris un petit apéro avant d'aller dîner au restaurant. Puis fatigués nous nous sommes couchés.

Le lendemain matin, il était très câlin, et je ne m'attendais pas à ce qu'il reprenne ses cordes. Je sais qu'il révise, mais pas que. Enfin, je me suis retrouvée une nouvelle fois incapable de me défendre. Mais je crois (j'espère) que cette fois je me suis bien tenue.

Un week-end n'est pas éternel, nous avons rangé les affaires, repris la voiture, et déjeuné en bord de mer avant de rentrer.

J'ai beaucoup de chance. Mon Maître a du savoir-vivre, est respectueux et gentil. Enfin, pas toujours, hein ? Parfois, Docteur Jekyll devient Mister Hyde et j'ai intérêt à filer doux. 

Et donc, merci pour ce week-end, Monsieur. Et pas que pour le week-end, tout le reste, aussi...









mercredi 3 avril 2019

Une soumise compliquée


A chaque fois que j’ai la visite de mon Maître, au début c’est marrant. 

On prend le second petit déjeuner, j’ai droit à ma viennoiserie (j’ai bien du prendre 3 kg depuis que je suis sa soumise – il m’oblige à manger à chaque repas, en plus…), on prend le café, je n’ai vraiment pas l’impression qu’il va se passer des choses… Ces choses, qu’on raconte ou pas, entre Maître et soumise.

Mais bon je sens monter en moi une légère pression. Il faut dire que Monsieur a une allure douce, il parle d’un ton bas. Maintenant, je sais. Mais la première fois, j’ai été surprise que sous ce côté tranquille, très tranquille, (si tranquille) se tapisse un Maître qui a de l’autorité et qui le montre.
Toujours se méfier de l’eau qui dort.

Les premiers temps qu’on se voyait, c’était gentil. Il est vrai que j’ai facilement des crises d’angoisse. C’est bon, il sait gérer. Il arrête tout, me parle, me questionne, me fait dire ce qui ne va pas, et s’il le faut, pause et on change.  Il n’est pas mon premier Dominant. Mais il est le premier à me montrer ce qu’un Maître peut faire, ce qu’une soumise doit accepter. Des choses que je ne connaissais pas. Des souffrances que je n’imaginais pas. Il a du s’y prendre plus doucement avec moi. Finalement, je n’y connaissais rien. Juste une spankee. Avec quelques notions de D/s.

Les premiers temps. C’est fini. 

Il me bouscule plus, me fait mettre à genoux en poussant fort sur les épaules, attrape lesdites épaules pour les tirer en arrière, « tiens-toi droite ! », recommence, encore et encore (je dois pencher ? ). C'est un exemple.

J’ai menti. Il ne le savait pas. J’ai avoué spontanément que cette semaine je n’avais pas fait, par deux fois, l’exercice imposé quotidiennement. Tout en lui disant que oui, je l'avais fait. (Action Réaction ?) Mes premières claques, certes pas très fortes, mais je n’ai pas aimé du tout. J'imagine des claques plus fortes. Je fais comment pour sortir avec des joues marquées ? Et coin, direct. Plus bien sur les reproches, les « Et comment vais-je te faire confiance maintenant ? – Mais je vous avoue tout – Oui c’est vrai mais je ne veux pas de mensonges » Leçon retenue…

Mais lui m’a malmenée un peu plus après ça. Je l’ai bien senti. Toute cette journée a été assez rude, d’autant que, comme je l’ai dit plus haut, je panique facilement, mais qu’en plus je suis douillette, et que toute nouveauté me stresse. Le pauvre a du travail avec moi.

Côté cordes, comme à chaque fois, il m’a fait prendre des poses différentes pour tester un peu. Mais en plus serré. Et lorsque je le lui ai dit, il n’a pas voulu desserrer. (sauf bien sur si cela était nécessaire, car il vérifiait à chaque fois)

Il a voulu me mettre une pince à linge sur la langue. Douleur, mal au cœur. Mes premières larmes. Il l’a retirée. Un peu plus tard, on a réessayé. Je l’avais dans les mains, et je ne sais plus si c’est lui ou moi qui ai pris l’initiative, mais je l’ai mise moi-même. Pas de nausées, mais mal très vite. Oui, je suis très douillette. Et ensuite je m’en veux. Cela le fait sourire, toujours. « Mais non, ne t’inquiète pas. »

J’ai eu plusieurs séances de fessées, mais la dernière, les bras attachés devant moi, couchée sur ses genoux, a été difficile. Je ne pouvais respirer que par petites goulées. On approchait de la fin, j’ai réussi à libérer mes deux mains (les mouvements rendaient la corde un peu lâche) et prendre appui dessus. Il n’a rien dit.

Il y a aussi entre nous ces moments intimes, que je vous laisse imaginer. Ces partages aussi, repas ou discussions, on apprend à se connaître, on écoute l’autre. Pas à égalité, mais le côté Maître/soumise s'atténue, pour un instant.

C’est vrai que je n’ai rien de très fort à raconter, j’ai conscience que j’ai un seuil de tolérance à la douleur assez bas. Mais voilà, c’est moi, j'apprends, à chaque fois il va un petit peu plus loin. J’ai de la chance d’être si bien comprise.

Merci Monsieur.