dimanche 29 avril 2018

Arnaud et Caro, ép. 9

Depuis quelques semaines, Arnaud et Caro se voyaient relativement régulièrement, soit pour des rendez-vous organisés, soit parce que la miss méritait une punition d'urgence, ou parfois, aussi, juste pour passer une soirée ensemble.

C'était nouveau pour Arnaud. Quelque chose se passait. Il aimait la punir, mais aussi juste passer des moments avec elle. Ce qui ne lui était jamais arrivé avant. Il cloisonnait. Vie privée et jeux. Sauf que là, il ne savait plus trop où il en était. 

La première fois qu'elle reçu une invitation pour passer une soirée, resto-ciné avec lui, Caro se demanda ce qu'il se passait. Bien sur, elle ne se voilait pas la face, cela lui faisait plaisir, très plaisir. Mais était-ce la normalité ? Elle se dit que finalement, s'il le lui proposait, c'est qu'il en avait envie, et ne devait-elle pas obéir ?

Ils passèrent une soirée très agréable, bon film, bon restaurant. Il la raccompagna chez elle et la laissa devant sa porte, et complètement frustrée.

Deux jours après, ils devaient se voir pour remettre à zéro le cahier de punitions. Elle était fatiguée et comme chacun sait, fatigue et obéissance ne font pas bon ménage... Elle avait répondu vertement à certaines remarques, avait refusé de faire des lignes, bref, Arnaud était assez contrarié et savait qu'il devait la remettre sur les rails. 

Il commençait à comprendre doucement les sentiments qui le portaient vers elle, et s'il s'avérait que c'était réciproque, il avait un grand projet. Bien trop tôt pour lui en parler, mais il devait commencer dès à présent à agir en conséquence.

Lorsqu'elle arriva devant chez lui, Caro n'en menait pas large. La consigne voulait qu'elle relise le cahier dans les transports en commun, lorsqu'elle allait le voir. Elle se dit que jamais encore elle n'avait été aussi insolente et insupportable. Elle le savait très gentil, mais aussi très sévère, et était consciente que ce serait un moment très difficile. 

Il lui ouvrit, un mince sourire, sans chaleur. "Va t-assoir sur le canapé, dit-il"
Tête baissée et silencieuse, Caro se dirigea donc au salon et s'assit pendant qu'il refermait la porte. 

"Donne-moi ton cahier Caro"
"Oui Monsieur, répondit-elle en le lui remettant, les yeux déjà pleins de larmes. La peur, sa froideur, elle était trop mal"

Arnaud s'assit sur une chaise, et parcourut silencieusement les pages noircies. Il soupira.

"Je crois qu'il faut remettre les choses au clair. Qui commande ?"
"Vous Monsieur"
"Moi... Et qui doit obéir ?"
"Moi"
"Moi qui ?"
"Moi Monsieur" répondit-elle cramoisie.
"Alors, à priori, quand je t'écoute, les consignes sont comprises... Peux-tu me dire pourquoi tu ne les appliques pas ?"
"..."
"Répond !"
"Je... Je ne sais pas Monsieur"
"Oh si tu le sais. Tu n'es qu'une petite impertinente qui te crois tout permis. Je vais te faire passer l'envie pour un temps de recommencer. Je dis pour un temps car j'ai peur que tu ne te disciplines pas avant des années ! Viens ici !"

Elle se leva en tremblant et s'approcha de lui. Il la bascula sur ses genoux commença une fessée pas vraiment progressive. Bien sur il commença sur la jupe mais il tapait fort. Il releva sa jupe, ne caressa pas ses fesses sur la culotte, mais continua à la claquer fermement. Il attrapa la lingerie et la descendit. C'est seulement à ce moment-là qu'il sentit sa colère tomber doucement. 

Il la caressa, fesse droite, fesse gauche, tendrement. Et reprit la fessée, sur les fesses déjà bien rouges.

"Va au coin, mains sur la tête, et tais-toi s'il te plait".

A petits pas, gênée par la culotte aux chevilles, Caro se dirigea vers l'endroit qu'Arnaud avait désigné comme coin.

"Caro, aujourd'hui, pour que tu comprennes bien les consignes, je ne m'arrêterai pas à ce genre de punition. Pour l'instant tu n'as reçu que la main et le martinet. J'estime que là tu as bafoué plusieurs fois mon autorité. Je ne saurais l'admettre. Tu vas recevoir 12 coups de cravache. Tu les mérites. Et tu le sais. Bien entendu, tu sais quoi faire si c'est insoutenable ?"
"Oui, pleura Caro, je dirai le safe-word"
"Pose tes mains à plat sur le mur, baisse-toi et recule tes pieds. Cambre-toi. Ne bouge plus"

Arnaud avait de la peine pour elle, mais savait que c'était nécessaire. Il se devait d'être crédible et ne pas flancher. Mais la voir en larmes lui donnait envie de la prendre dans ses bras. Il avait pris une décision pour plus tard, et donc c'est sans trembler qu'il assena le premier coup de cravache.






jeudi 26 avril 2018

Punitions oui, mais...

J'étais une "chipie". (Ou une vilaine, punie, demoiselle, comme vous aimez qu'on vous appelle, je n'ai pas de préférence. Je dis chipie car on m'a appelée comme cela dès ma première fessée et beaucoup de messieurs disent la même chose).

Donc en gros, même si je faisais ce qu'on me disait, il m'arrivait très régulièrement d'agir comme telle. Je cherchais, taquinais, juste dans le but de me faire gronder et bien sur, punir. Soit par des lignes (sur un paillasson...), des séances de coin, à la maison, soit des vraies corrections avec le monsieur du moment, fessées, main ou instruments, sermons, enfin, vous connaissez.

C'était assez amusant, planquée derrière mon écran. Cela l'était moins, en face à face ou bien en devant écrire une tonne de lignes...

C'était ma vie de chipie, ma vie d'avant.

Désormais, je suis une soumise. Enfin, j'apprends. Ce n'est pas du tout la même philosophie. Une soumise n'éprouve pas le besoin d'être insolente, une soumise a envie de faire plaisir à son dominant. Pour être honnête, cela me plait vraiment. On m'aurait dit cela il n'y a encore qu'un an, je vous aurais ri au nez. J'accepte des choses qui me semblent incroyables. Et quand je l'entends me dire qu'il est fier de moi, je suis simplement heureuse. Il y a aussi beaucoup d'avantages à être une soumise, mais ce n'est pas le sujet du jour...

Mais de temps en temps, la chipie montre son museau. J'aimerais me faire gronder, me faire punir comme avant. Mais cela ne fonctionne pas comme ça. Je ne suis pas punie pour des petites insolences (qui finalement l'amusent, à mon plus grand étonnement. On se moque et Monsieur sourit. Ça alors. Il me dit gentiment : "Et revoilà la chipie"). Je peux être punie, oui, mais ce sera pour des raisons importantes. Et là, Monsieur ne rigole pas du tout.

Je pouvais me faire punir pendant plusieurs heures, forcément au bout d'un moment cela devenait difficile. Mais là, une punition de quelques minutes fait aussi mal. Et ne donne pas envie de recommencer. Je n'ai été punie qu'une fois, pour avoir transgressé une des règles de notre protocole. Je savais ce à quoi je devais m'attendre, je ne savais pas le degré de douleur car je n'avais jamais eu ce genre de punition. Mais j'appréhendais. Tout en sachant que je la méritais, puisque nous avions discuté ensemble les règles, et que j'avais donné mon accord. N'empêche. j'avais peur. 

Déjà, le jour où je le lui ai avoué, je ne l'ai pas reconnu. Ton froid au téléphone, demande d'explications, et pourquoi je n'ai pas respecté la règle, et qu'est-ce qui lui dit, du coup, que je respecte les autres. Cela a duré un bon moment, des instants terribles. Mode coupable "on", je ne savais plus quoi dire ni quoi faire.

Quand le moment est arrivé, il m'a prévenue, et j'ai subi cette punition qui quelque part n'était pas un jeu. En tous les cas je ne l'ai pas vécue comme tel. Il était impressionnant. Tranquille et fort, déterminé et calme, faisant mouche à chaque coup. Et moi je comptais, au bord des larmes. 

Je n'ai plus refait la faute. Je n'ai pas envie de la refaire. Les punitions sont rares finalement, mais ont une autre valeur que celles que je connaissais. En intensité, c'est certain, mais surtout en prise de conscience. L'obéissance n'est pas discutable.

Je sais donc que même si je n'ai plus les remontrances qui me plaisaient tant, la grosse voix et les menaces qui lâchaient les papillons dans mon ventre, je dois faire très attention à mon respect envers lui et les règles établies, parce qu'il ne laissera pas passer.




mardi 24 avril 2018

Arnaud et Caro, ép. 8

Après s'être sentie aussi mal en entendant Arnaud parler de sa jupe si facile à retrousser devant tout le monde, Caro se leva d'un coup en disant que son thé était trop chaud et que de toutes façons elle n'en avait plus envie. Elle voulait partir de ce café immédiatement.

Il la prit par le bras en lui disant de baisser d'un ton, du ton qu'il avait pris les quelques fois où elle l'avait contrarié. Effet direct, les yeux au sol, la tête qui se baisse, et une légère humidité qui la faisait fondre. Caro se tut, et se laissa entrainer dans la rue.

Il marchait vite, ne parlait pas. Elle préféra se taire. Et soudain :

"Bon. Je ne suis pas très content. Ce ne serait que moi, on irait directement chez moi où je te montrerai qui prend les décisions entre nous et t'apprendrai les bonnes manières. Mais nous nous étions mis d'accord, donc tu as encore le choix. Tu peux rester, tu peux partir. Si tu pars, on reprendra où nous en étions et nous nous laisserons un peu plus de temps. Si tu restes, il s'agira pour moi d'un accord tacite, et pas seulement pour aujourd'hui."

Elle n'osait pas répondre, tant ce qu'il lui disait impliquait de choses.

Il prit un ton plus doux :

"Je sais que ce n'est pas facile. Mais nous n'allons pas rester comme ça dans la rue. Penses-tu pouvoir te décider ? Ou veux-tu qu'on aille se promener, il  y a un centre commercial tout près."
"Non Monsieur, j'ai pris ma décision"
"Dis-moi Caro."
"Je voudrais vous suivre, Monsieur".
"Très bien, j'en suis heureux. Viens avec moi".

Ils marchèrent quelques minutes et arrivèrent devant un bel immeuble. Il tapa le code, ils traversèrent le jardin intérieur et prirent l’ascenseur pour monter dans son appartement. Epuré, bien rangé, un pan de mur empli de livres, elle remarqua que sur la table basse un en-cas était déjà préparé. Une rose, dans un soliflore, semblait l'attendre.

Il prit son trench, sa petite écharpe, lui proposa de faire un tour le temps qu'il se mette lui-même à l'aise. Ce qu'elle fit.

Un petit coffre en bois, très joli et peint de motifs japonais, était posé sur la table de la salle à manger, ouvert. La curiosité l'emporta et elle s'en approcha. Son regard accrocha tous ces instruments en cuir, bois, bois et cuir. Un pas en arrière. Un autre et elle alla s'assoir sur le canapé.

Arnaud revint et lui demanda d'appeler son amie, à qui elle avait raconté avoir rencontré un homme sur un site de rencontre, et que par mesure de sécurité elle devait l'appeler en arrivant chez lui, et dans l'heure qui suivait. Elle le fit. 

Il s'assit sur le fauteuil en face d'elle. La regarda et lui dit :

"Bon. Tu sais pourquoi tu es ici ?"
"Oui Monsieur"
"Je vais te punir, pour les quelques fautes que tu as faites depuis que nous nous connaissons."
"... Oui Monsieur"
"Tu sais les mériter ?"
"Oui Monsieur".
"Très bien".

Il se leva et s'approcha d'elle, la fit se lever, pris sa place sur le canapé et bien entendu l'allongea sur ses genoux.

Enfin, se dit-il. Elle est à moi. Il caressait la jupe, sentait ses globes dessous, imaginait tout ce qu'il allait lui faire. Il commença à donner quelques tapes, histoire que ses mains fassent connaissance en douceur avec ces fesses qu'il devinait magnifiques. Il frappait régulièrement, de partout, mais au bout d'un moment, il se sentit frustré par l'épaisseur de la jupe.

Tout en lui rappelant telle bêtise ou telle insolence qu'elle avait dite ou faite, il remonta cette jolie jupe au dessus de sa taille.

Lorsqu'elle sentit sa jupe remonter, Caro se dit qu'on y était, elle allait enfin recevoir la fessée de celui qu'elle avait déjà dans la peau. La main d'Arnaud caressait ses fesses, légèrement échauffées par la fessée sur sa jupe. Elle se sentait trempée et avait peur que cela ne se voie au travers de sa culotte, mais il n'en dit rien.

Les claques reprirent, et cette fois, sans la laine de la jupe, plus de carapace, et elle les ressentit nettement. Il montait en intensité et cela la chauffait de plus en plus. Elle commença à remuer, se tortiller, un "Ne bouge pas !" l'arrêta direct. 

"Je suis très heureux que tu m'aies choisi pour faire ton éducation, Caro. Tu es une femme que j'aime beaucoup, tu es intelligente, gentille. Mais je vais avoir du travail pour te rendre obéissante et sage, tu ne crois pas ?"
"Je ne sais pas Monsieur" hoqueta Caro, cramoisie.
"Moi, je le sais".

Il attrapa les bords de sa culotte et délicatement la lui retira, la faisant glisser doucement sur les fesses, le long de ses jambes, et la lui retirant totalement. Sa main se posa sur sa cheville droite, remonta également tout doucement, mollet, intérieur des genoux, cuisses, pour se retrouver négligemment posée sur ses fesses. 

Il n'arrivait pas à détacher son regard de ce cul déjà bien rosi, sinon rougi (ce qui ne saurait tarder), et se dit qu'il avait beaucoup de chance.

"Bon", dit-il.

Une volée de claques retentit d'un seul coup sur les fesses de Caro, sur sa peau sans protection. L'intensité était nettement plus élevée, et Arnaud la sermonnait de temps en temps. Caro, sous la douleur, remuait de plus en plus, et malgré les avertissements de son Monsieur, ne pouvait arrêter. Mais lorsque par réflexe elle lança sa main en pauvre petite protection, il arrêta, et lui rappela le safe-word. Alors en se taisant, elle retira sa main.

Il la lui attrapa pour la coincer dans son dos, ainsi elle ne pouvait plus rien faire.

La fessée dura encore un moment, puis ralentit et s'arrêta. Il ne pouvait s'empêcher de la caresser, encore et encore. Et elle, se collait contre lui. Elle était comblée. Mais pour une première fois elle n'en voulait pas plus et espérait qu'il s'en rendrait compte.

Arnaud se dit que cette première expérience était parfaite. Maintenant il allait la dorloter un peu. Il la fit se relever doucement, lui demanda de l'attendre et dans le coffre japonais, prit le tube d'arnica, retourna auprès d'elle, la remis sur ses genoux et doucement, tendrement, lui appliqua la pommade apaisante. 

Il lui fallu une force mentale phénoménale pour se freiner et ne pas aller plus loin. Il savait maintenant ce qu'il voulait avec elle. Alors inutile de précipiter les choses.

La pommade piquait les fesses de Caro, mais en même temps elle appréciait le massage. Qui parfois se rapprochait de ses lèvres. Mais ne s'y attardait pas. Elle ne savait si cela la rassurait ou la frustrait. Les deux certainement. Mais elle ne dit rien. Elle n'aurait pas osé.

Il la prit dans ses bras, assise sur ses genoux, et ces deux-là commençaient maintenant à se douter qu'une belle aventure commençait.




samedi 21 avril 2018

Prononcer le Safe-Word

La règle de base, aussi bien dans les jeux de fessées que dans la D/s, c'est le safe-word. On est tous d'accord là-dessus.

On le prononce, et le Dominant s'arrête. C'est écrit partout, on en parle entre nous, c'est un fait établi.

Cela semble couler de source. Et pourtant. 

Ceci est une demande que je vous adresse

Je voudrais savoir si certain(e)s d'entre vous se sont trouvé(e)s dans l'incapacité de prononcer le safe-word alors qu'il était temps d'arrêter. 

Je parle bien du fait de se sentir mal, (avec ou sans douleur), de trembler, d'avoir en face de vous votre Dominant qui vous regarde, très inquiet, vous demande si ça ne va pas, et vous, vous êtes incapable de répondre. 

Il vous dit (lui-même) de prononcer le mot, et vous n'y arrivez pas. Malgré qu'il insiste, se fâche car "tu te mets en danger, dis-le tout de suite !" et que tout ce que vous arrivez à dire, à travers vos larmes, c'est : "je ne peux pas".

Oui je sais, c'est incroyable. Je viens de le vivre. (j'ai beaucoup de chance, il n'a pas attendu que je le dise pour arrêter). Ne me jugez pas, c'est comme ça. Je n'avais jamais eu à le prononcer avant ce jour. 

Après réflexion, et après en avoir beaucoup parlé avec lui, j'ai compris ce qui m'est passé par la tête. Il a entendu mes craintes et m'a rassurée. Et donc, je pense être capable de le prononcer si cela devait se reproduire.

Ce qui m'intéresse, là, serait de savoir si d'autres ont connu cela, et si elles/ils ont compris pourquoi.
Votre retour sur vos expérience m'aiderait beaucoup.

Et donc bien évidemment, pour cet article, les réponses anonymes seront publiées. 

Je vous remercie d'éviter les leçons sur l'utilité de dire le safe-word. Ce n'est pas le sujet. Et je me sens suffisamment mal comme cela pour qu'on m'en remette une couche... Oui, je sais, le safe-word, il faut le dire sans hésiter...




vendredi 20 avril 2018

La croisée des chemins

Dans l'article D/s Vs Spanker/spankee, j'expliquais les difficultés de mêler deux mondes si différents.

Et sincèrement,  je pensais que nous y arriverions. Chacun testait les jeux de l'autre, et tout semblait se passer bien.

Mais on se voilait la face, en fait. En lisant la toute première page de son blog, je n'ai pas reconnu celui avec qui je partage ces moments. Je découvrais une personne inconnue. Que se passait-il ? Nous restions des heures ensemble, et la façon dont il parlait de lui ne correspondait pas à cet homme que j'ai déjà tant de mal à quitter.

Comment pouvait-il être aussi sombre d'un côté, et si lumineux avec moi ? J'étais perplexe. 

Puis, vint son troisième article. SA vision de notre première "séance", notre premier "rendez-vous". Où j'appris tous les efforts qu'il faisait pour me faire plaisir. Même s'il le faisait de bon cœur, il en ressortait cette fois, que son plaisir, le seul, c'est la D/s, et uniquement cela.

Au moment où je découvrais ce récit, nous nous étions vus une autre fois, déjà. Et si nous avions gardé la même façon de faire, de mon côté, j'appréciais de plus en plus ces jeux totalement inconnus il y a encore un mois. Même si j'aime le côté punitions, j'aime l'écouter, l'entendre m'appeler en  permanence "ma soumise", qu'il prenne soin de moi comme il le fait.

Quel intérêt de laisser quelqu'un se perdre dans des jeux qui ne l'intéressent pas, si ce n'est pour faire plaisir à sa muse, comme il m'appelle aussi. Quel intérêt de "jouer" avec quelqu'un dont on sait qu'il s'ennuie ?

Et moi, moi, j'ai tellement envie d'en savoir plus, qu'il m'apprenne la soumission, j'ai tant envie d'un dominant, de lui en fait.

Alors, j'ai capitulé. Toute seule sans qu'il ne m'en ait jamais rien demandé. Un long poème (évidemment) où je lui disais que la chipie s'en allait, pour laisser la place à la soumise. Que ce serait dur, qu'il lui faudrait ne pas flancher, ne pas la laisser repointer le bout de son nez.

Je ne le connais que depuis peu. Mais je l'ai senti tellement heureux et soulagé que j'ai su que j'avais pris la bonne décision.

La croisée des chemins. Il faut parfois faire des choix. Le choix.  

Je l'ai fait. La fleur au fusil.








mardi 17 avril 2018

Arnaud et Caro, ép. 7

(Dédicace spéciale à Céline et Cléa - dernière étape avant...

Assis tranquillement à la terrasse du café, lieu du rendez-vous, Arnaud sirotait un café en consultant ses mails. Il avait un peu d'avance, mais voir avancer une demoiselle, cherchant tout autour d'elle, un peu perdue, était un spectacle qu'il adorait. Il ne manquerait cela pour rien au monde. Donc, de temps en temps, il levait les yeux et regardait discrètement les jeunes femmes qui venaient dans sa direction.

D'un seul coup, sans s'y attendre, il eut un coup au cœur. C'était elle. Elle était parfaite. La candeur, la timidité, la tenue, la posture. Reprends-toi se dit-il. Ne lui montre pas tout de suite l'effet qu'elle te fait. Elle cherche un dominant, pas un amoureux transi. Lorsque leurs regards se croisèrent, il lui sourit et lui fit un petit signe de la main.

Elle lui rendit son sourire, un sourire radieux qui réchauffa instantanément cette fraiche matinée, et se dirigea vers lui. Elle s'accrochait à son sac à mains comme à une béquille. Elle était adorable. 

Il se leva pour l'accueillir, deux petites bises pudiques, lui recula sa chaise et la laissa s'installer. 

"Que veux-tu boire Caro ?"
"Un Earl Grey s'il vous plait"
"Qui ?"
"Un Earl Grey, s'il vous plait, Monsieur."
"Bien".

Il passa la commande en ajoutant une nouvelle tasse de café pour lui, et prit de ses nouvelles, si son voyage s'était bien passé, si tout allait bien, en fait. Elle baissa les yeux et lui dit qu'elle avait respecté sa consigne de relire son cahier dans les transports. 

"Et qu'en as-tu pensé ? Cela fait une quinzaine de jours que je te l'ai fait acheter, trouves-tu qu'il corresponde à une demoiselle obéissante ?"
"..."
"Caro..."
"Pas vraiment Monsieur, mais.."
"Non, s'il te plait, pas de mais. Rien ne justifie la désobéissance. Tu désobéis, tu écris, et tu assumes. C'est un choix qui ne tient qu'à toi. Après bien sur, je me vois dans l'obligation de te punir, afin de te montrer la ligne que tu dois suivre. Tu comprends ce que je te dis ?"

Caro n'en menait pas large. Elle avait l'impression que tout le monde autour entendait, et surtout, écoutait, ce qu'on lui disait. Pourvu que..

"Donne-le moi".
"Mais Monsieur, pas ici"
"J'attends".
"Bien Monsieur".

Une minute de répit, son thé arrivait. Elle prit le temps de mettre le sachet dans la bouilloire, de triturer la pochette de sucre, avant d'attraper son sac et de sortir son cahier, avec toujours cette impression que la salle entière avait les yeux braqués sur elle.

Et elle le lui tendit, incapable de le regarder. Et pourtant, elle le trouvait magnifique. Sur de lui, déterminé, attentif. Oui, c'était décidé, elle ne rentrerait pas chez elle après ce petit déjeuner.

Arnaud prit le cahier, le regarda sous toutes ses coutures, remarqua les changements d'écriture, parfois régulière, parfois saccadée, signe de stress. Il relut les bêtises insignifiantes que Caro avait faites, avec bien sur quelques petites insolences qu'il ne devait pas laisser passer.
Il avait de quoi jouer, pour une première fois. Ni trop, ni trop peu. Parfait.

"Bois, ça va refroidir. Ce serait dommage. Je trouve que tu es très jolie, cette jupe te va à ravir. Elle m'a l'air facile à retrousser, en plus."

Caro sentit son visage virer au cramoisi. Elle baissa encore plus la tête sur sa tasse. Et essaya de retrouver une respiration normale.

Arnaud, lui, essayait de calmer le loup. Couché, toi !

lundi 16 avril 2018

Arnaud et Caro, ép 6

Caro ouvrit les yeux, s'étira comme un chat, et le temps d'un battement de cils, réalisa qu'on était LE jour. Elle avait le temps. Elle n'avait le temps de rien, plutôt. Excitation, questions, voilà, même pas levée que ça pédalait dans sa tête. Stop, se dit-elle, laisse faire. Fais ce qu'il t'a dit, profite, prends ton temps, tu l'as et tu le sais bien, laisse venir ce moment que tu attends depuis tant de jours. 

Pendant que son café coulait dans sa chope, elle pensa au cahier. Autant le mettre de suite dans son sac, comme ça pas de risque de l'oublier à la dernière minute. Elle ne voulait pas décevoir Monsieur, elle voulait qu'il soit heureux de la voir (elle doutait très peu sur ce point), et qu'il soit fier d'elle. 

Il lui restait  le plus compliqué, puisque hier soir elle avait été incapable de se décider sur sa tenue, retourner s'enfoncer dans son armoire pour trouver la tenue dans laquelle elle se sentirait bien, et qui en même temps, pourrait convenir à Arnaud. Monsieur, pardon. Ha hé bien voilà qu'elle se corrigeait toute seule, maintenant. Mon cas est grave, se dit-elle en souriant. 

Elle prit son petit déjeuner, se décida pour une jupe courte en laine, doublée (après-tout le printemps débutait, c'était justifié), un chemisier à boutons pression très pratique et qu'elle adorait, un petit gilet, des dim-up et des ballerines. Confortable, mais joli.

Elle prit la direction de la salle de bains, mit un soin particulier à s'occuper de son corps et resta sobre côté maquillage. 

De son côté, lorsque Arnaud se réveilla, il ne se posa pas autant de questions. Le Loup se réveillait, il était tapi au fond de lui, et il le sentait frémir. Laisse-moi donc la place. Elle est aussi à moi.

Il prit le temps, tout en buvant son café, de régler quelques dossiers en cours pour le boulot, son esprit s'évadant de temps en temps rien qu'à imaginer la miss courir dans tous les sens. Un sourire carnassier découvrit ses dents un instant. A nous deux ma jolie.

Il appela le restaurant qu'il avait choisi pour réserver, petite surprise qu'il lui faisait, après, elle déciderait si elle voulait continuer l'après-midi avec lui ou rentrer. C'est le jeu, elle était décisionnaire. Ensuite, ce serait une autre histoire.

Il se prépara tranquillement, vit qu'il était temps d'y aller, la sacoche, le manteau, les clés et hop, Caro, à nous !





samedi 14 avril 2018

Apprentissage, premières règles - part 2

Une valse à trois temps...

Donc le premier temps de notre valse, c'est mon jeu. Ça s'est fait de façon un peu compliquée, il a fallu qu'on en discute, il est tellement dominant que ce jeu-là avait un peu disparu. Mais après une bonne discussion, je peux vivre ces moments qui comptent pour moi. Il y prend goût et je sens encore les morsures de la ceinture, de la cravache et de la brosse en bambou. Sans compter ses mains. Lorsqu'il m'envoie au coin (chacun sait que ces messieurs ont besoin de se reposer) c'est à sa manière. Jambes légèrement écartées (au niveau des épaules), mains derrière le dos et front collé au mur. 

Le cahier de punitions dans les mains, il le lisait pendant que je restais en position d'attente. Quelle que soit la position, ce moment est très difficile. Une petite fille qui attend le verdict. Il m'a sermonnée et a commencé par la fessée que je préfère, bien calée sur ses genoux. 

Puis il a utilisé les instruments, et il ne m'a pas ménagée. Fesses et cuisses ont eu droit à des séries de coups, dont je ressens encore parfois la douleur. 

Un bon massage avec la pommade à l'arnica, histoire d'atténuer quelque peu les traces.


Voici pour le premier temps de notre valse.


Vient le second, le sien. Que j'adore, car je n'y connais rien, il m'apprend tout, j'ai peur mais j'ai confiance. Totalement confiance. 

Il y a quelques temps, il m'appelle d'un magasin de bricolage disant qu'il m'achetait un nouveau cadeau (oui il me gâte..) Un cadeau dans un magasin de bricolage... Une corde. Jamais. Je ne veux pas de corde, c'est absolument hors de question, et d'abord je suis claustro, niet.

Il a tout de même acheté sa corde, et pendant des jours m'a expliqué, tenté de me rassurer (ça ne marchait pas), m'a dit ce qu'il faisait pour l'assouplir, la rendre douce, non coupante. Mais non, je ne voulais pas.

Donc, lorsque nous en fûmes à son temps de valse, il commença par m'offrir un autre bijou, un joli plug que j'ai porté pratiquement toute l'après-midi. Mon premier, en fait. 

Et ensuite, il m'a présenté 3 bouts de corde, qui sentaient l'huile de coco. J'ai commencé à reculer sur le lit, et me suis raisonnée. Je lui ai donné ma confiance, il sait que j'ai peur, il ne va pas me saucissonner comme une brute. J'ai tout relâché, et me suis laissée faire.

Pour cette première fois, il a juste attaché mes mains au haut de mes cuisses. Et il faisait cela de façon très douce, me demandant constamment si cela ne serrait pas trop, et si c'était le cas il desserrait de suite. Puis avec la troisième et dernière corde, il m'a attaché les bras dans le dos, sans que cela me fasse mal. Sauf qu'une fois allongée sur le dos, ça tirait fort et c'était douloureux. A peine le lui ai-je dit, qu'il a retiré cette corde sans hésitation. Cela m'a prouvé que pour les prochaines fois, ce serait pareil, il y aurait plus de cordes mais que tout se ferait en douceur.

Avec le morceau qu'il avait retiré de mes bras, il a attaché mes pieds. Toujours doucement. Il a pris soin de faire ressortir mon collier. Je le regardais faire et me disais que ce n'était pas si difficile, en fait.

Je l'ai senti heureux d'avoir pu m'attacher, et surtout que je me sois complètement laissée faire, sans être tendue. Et jamais je n'ai ressenti de claustrophobie. Peut-être que les prochaines fois cela se produira, puisqu'il aura préparé plus de cordes. Mais je ne vais pas me poser plus de questions que cela.

Il a ensuite "joué" avec moi, qui ne pouvais plus me protéger de mes mains. Des jeux de D/s, il a réutilisé la cravache mais pas pour me punir, enfin si, un peu, j'ai connu quelques coups sur la plante des pieds. Quand on est attachée, les ressentis sont différents, on ne peut que subir et obéir.

Quand au troisième temps de notre valse, c'est un jardin vraiment très secret que je préfère garder pour nous...




jeudi 12 avril 2018

Apprentissage, premières règles - part 1

Monsieur ayant pu se libérer une journée complète, mon éducation de soumise allait vraiment commencer. Finie, la douce initiation patiente. Cette fois, on ne jouait plus. 

Je devais apprendre les règles, en tête à tête et en société. Je ne savais pas trop comment cela allait se passer, mais nous irions dans un joli centre commercial de Marseille y passer quelques temps le matin.

La veille, il me rappela que je devais me souvenir des règles.

Notre protocole a quatre règles de base. Très claires et toutes à l'avantage de Monsieur. 

Je lui dois l'exclusivité. Cela peut choquer. Cela m'a choquée. Sauf que. Cela ne changeait rien pour moi, puisque je suis célibataire. Lui donner l'exclusivité de mon corps ne pose finalement aucun problème.  

Je n'ai pas le droit de jouir sans son autorisation. Ah bon. C'est possible ça ? D'après lui, oui, et de toutes façons c'est comme ça. Allez, je suis d'accord (je précise qu'à chaque règle mon accord a été demandé. Mais comment refuser, me direz-vous...).

La règle numéro trois, l'obéissance, ma foi, quel que soit le jeu, c'est un peu le but. 

Règle numéro quatre, apprendre les positions. D'acceptation, d'attente, marcher très légèrement en retrait derrière lui, ne pas croiser les jambes. Hé bien finalement, ça, c'est le plus compliqué pour moi. Pas que ça me gêne, mais c'est une telle habitude qu'il a du me le répéter je ne sais combien de fois. Et si au début c'était rappelé de façon douce, au bout d'un moment je sentais l'énervement. 

Tout en nous promenant, il me rappelait de me reculer, si on s'asseyait, il voyait de suite si j'avais croisé les jambes, alors que je ne m'en rendais pas compte moi-même.

Je me surprends, chez moi, à réaliser que j'ai les jambes croisées. Je les décroise. Mais cinq minutes après, c'est à refaire. Il doit falloir une sacrée période d'entrainement...

Installés dans la voiture pour aller déjeuner, il ne démarre pas. J'attends, mais rien ne se passe. Je sens son regard sur moi, et il me dit :

"Je veux que tu retires ta culotte et que tu me la donnes". 

Il m'avait prévenue que cela pouvait arriver. Mais quand l'ordre tombe, c'est une autre histoire. Oui, j'ai obéi et la lui ai remise, des deux mains, comme exigé. Honteuse. 
Mais il a fallu beaucoup de temps. J'ai dit non. J'ai argumenté. J'ai râlé. J'ai boudé. J'ai... cédé. 
Lui, restait calme. Répétait inlassablement : « donne-moi ta culotte ». Doucement, presqu’en chuchotant. Il a soulevé mes cheveux et l'a murmuré dans mon oreille. Tellement sur de lui. Je crois que j’aurais presque préféré qu’il se fâche. On aurait dit qu’il me laissait le choix. Et en fait, je l’avais, il me l’a rappelé plus tard. Ce choix, s’appelle le safe-word… Je n’y pense jamais. Et ai-je vraiment envie de le prononcer ?

Une fois qu’il l’a eue, il l’a mise dans sa poche et l'a gardée jusqu'au restaurant. Je n'ai pas retiré mon manteau, pauvre petite carapace mentale. J'ai mangé en me disant que tout le monde avait les yeux posés sur moi, que chacun savait que j'étais nue sous ma jupe. Lui, n'avait pas l'air gêné du tout, un léger sourire qui me disait... tu l'as fait, tu as obéi, tu es à moi. Je n'osais pas faire un mouvement, c'est tellement inhabituel de se trouver en pleine journée à l'extérieur, sans ce sous-vêtement.

Après le déjeuner, nous avons rejoint l'hôtel. Comme Jacques Brel et sa valse à mille temps, nous, nous avons notre valse à trois temps.

Nous vivons une relation très bizarre, un mélange de Spanker/spankee et D/s


Mais cela commence toujours par la position d'acceptation. Les mains, paumes en l'air, permettent éventuellement de présenter l'objet qui servira à la punition.


La suite, très bientôt...

mercredi 11 avril 2018

Arnaud et Caro, ép. 5

Après quelques semaines, rendez-vous fut pris pour une première rencontre, suivie éventuellement d'une séance de punition, car ils avaient eu amplement le temps de faire connaissance. Le téléphone s'en était mêlé, les voix étaient connues, reconnues, attendues.

Lorsque Caro entendait sonner son portable, et voyait le numéro d'Arnaud, elle arrêtait tout. Télé, ordinateur, même le fixe pouvait sonner, elle savait qu'elle ne répondrait pas. Son Monsieur appelait. Il pensait à elle. Elle, qui tournait en rond quelques instants plus tôt, essayait de se calmer pour ne pas se montrer trop impatiente. L'entendre, que ce soit pour la gronder ou pas, était l'essentiel. De toutes façons elle savait qu'il aurait toujours des mots gentils. Allez, vite, je décroche, se dit-elle.

De son côté, Arnaud qui avait un moment de disponible pour appeler sa petite Caro, se déplaça dans les locaux de son bureau pour avoir un peu de tranquillité. Cette fille le rendait fou. Dès le réveil il pensait à elle. Incroyable. Il se demandait s'il n'en faisait pas trop, mais c'était plus fort que lui. Il l'appela et attendit qu'elle réponde, pressé d'entendre sa jolie et douce voix.

"Allo ? dit Caro"
"Bonjour ma belle, c'est moi. Comment vas-tu ?"
"Très bien Monsieur, et vous ?"
"Ca va, assez occupé, mais ça va. Alors Caro, toujours d'accord pour demain ? Tu sais que tu peux changer d'avis..."
"Oui bien sur, je serai là Monsieur. J'en suis très heureuse."
"Bien."

Après un moment de silence, Arnaud reprit, nettement moins sympathique.

"Alors souviens-toi, tu apportes ton cahier de punitions, et je sais qu'au jour d'aujourd'hui il est bien rempli. Je te veux, au choix, en robe ou en jupe, mais que je te voie en pantalon et ça ira mal. Je te demande également, pour t'occuper dans les transports, de relire intégralement ce cahier, histoire de bien te souvenir de quoi nous parlerons. C'est compris ?"
"..."
"Caro, c'est compris ?"
"Oui Monsieur".
"Bien. J'ai hâte."
"Moi aussi Monsieur".
"Bon, je dois y retourner, je te laisse (mais ne t'inquiète pas, je reviendrai vers toi très vite)."
"A plus tard Monsieur."

Il raccrocha, et se dit que s'il n'avait pas fait monter la pression d'un cran, alors il pouvait se rhabiller. Il commençait à la connaitre, et savait qu'elle était dans tous ses états.  Il souriait en retournant à son bureau, et le visage étonné d'une collègue lui fit reprendre un air normal.

Mademoiselle Caro, quant à elle, était effectivement légèrement en effervescence. Elle ouvrit son armoire et commença à réfléchir à sa tenue du lendemain. Parce qu'elle savait déjà qu'elle ne s'en tiendrait pas à un simple verre avec lui. Elle voulait tout, tout de suite.  Calme-toi, calme-toi, de toutes façons tu n'auras rien d'autre à faire, que te laisser faire. Tout est réglé, de tes limites au safe-word, prends ton temps, choisis tranquillement ta tenue, et reste zen. Il saura gérer.

Et c'est ainsi que la veille du grand jour se terminait, et chacun sait ce qu'on ressent dans ces moments-là. Attente, impatience, peur, le cœur qui bat un peu plus fort par moment. Et ça passe si vite, finalement...






dimanche 8 avril 2018

D/s vs Spanker/spankee

Hé bien c'est compliqué. Quand deux personnes viennent de deux mondes différents, mais accrochent au premier regard, et se disent qu'on peut essayer un medley des deux, finalement ce n'est pas si évident.

Lui, avait envie de connaitre mes jeux, qui n'allaient pas bien loin, suivi éducatif et rencontres punitions. Moi, j'avais envie de découvrir la soumission. Ce qui n'a vraiment rien à voir.

Lorsque nous nous sommes rencontrés, c'était tout simplement évident. On jouerait ensemble. (oui je sais c'est bô)

Lorsque nous nous sommes revus pour "concrétiser", dirais-je, effectivement, on a essayé un peu des deux jeux. Cela a été un moment assez fort, qui m'a confortée dans mon choix de Monsieur. Ce serait Lui.

Mais voilà. Mettez d'un côté de la balance une Héléa qui en dehors de son blog n'ose pas trop s'exprimer, et de l'autre un Dominant qui sait exactement ce qu'il veut, il arrive que le jeu de l'un étouffe celui de l'autre. Que le mental de l'un soit nettement plus fort que celui de l'autre.

Je sentais que quelque chose n'allait pas. Il m'a fallu quelques jours pour mettre le doigt dessus. Un mot : frustration. Tout ne tournait qu'autour de la D/s, de ses règles, ses protocoles, et de ses envies à lui (et soyons clairs, ça me plait. Beaucoup. Je veux apprendre, pour lui, pour moi.)

Mais, ce qui faisait ce que j'étais, n'existait plus. Plus de suivi, pas de punitions prévues parce que d'après ce que j'ai compris ce n'est pas vraiment une finalité dans la D/s. Et je me suis dit que ça ne pourrait pas marcher, finalement. Je suis une petite maso. J'ai besoin d'être punie. Et je savais que je ne le serai plus. Du moins dans le sens où je l'entendais.

Terrible constat, parce que cet homme, c'est celui qu'il me faut. Quelle solution ? Comment lui en parler quand on n'ose pas ? J'ai lâché des petites phrases, du genre "j'ai des doutes". Rien de plus, que des non-dits.

Et là, il a fait fort. Il m'a tiré les vers du nez, comme on dit. M'a forcée à mettre des mots sur mes ressentis. Ce fut très dur pour moi. Peur de déplaire, d'être rejetée.

Hé bien non. Sa réaction a été immédiate. "Tu as raison, m'a-t-il dit. Mon côté Dominant m'a fait oublier tes désirs et tes besoins. On va changer tout ça".

Et il l'a fait. Quasiment d'une minute à l'autre. Il m'a fait reprendre mon cahier de punitions, qui pour lui n'avait pas d'utilité, a pris le rôle d'éducateur (sans même se forcer, il m'en a assurée), et a modifié ce qu'il avait prévu pour notre très prochaine rencontre. Il a parlé de mon équilibre qui était très important. Et moi, j'ai pu recommencer à jouer comme j'aimais. Les taquineries et les insolences, lire les punitions qui tombaient. Je me retrouvais.

J'ai un Monsieur qui sait se remettre en question. J'ai beaucoup de chance je crois. Je pense que lui aussi, car je suis prête à faire ce qu'il me demande, même si certaines choses me font un peu peur. (papillons papillons).

Il a surtout aussi compris qu'avec moi il faut pousser pour que je me confie. Je dis beaucoup de choses, mais les plus importantes ont du mal à sortir. 

La frustration ? Disparue. Tout en sachant que je saurai lui faire plaisir aussi en me pliant à ses règles.

Ce mélange des genres va peut-être fonctionner. Elle est pas belle, la vie ?