samedi 21 avril 2018

Prononcer le Safe-Word

La règle de base, aussi bien dans les jeux de fessées que dans la D/s, c'est le safe-word. On est tous d'accord là-dessus.

On le prononce, et le Dominant s'arrête. C'est écrit partout, on en parle entre nous, c'est un fait établi.

Cela semble couler de source. Et pourtant. 

Ceci est une demande que je vous adresse

Je voudrais savoir si certain(e)s d'entre vous se sont trouvé(e)s dans l'incapacité de prononcer le safe-word alors qu'il était temps d'arrêter. 

Je parle bien du fait de se sentir mal, (avec ou sans douleur), de trembler, d'avoir en face de vous votre Dominant qui vous regarde, très inquiet, vous demande si ça ne va pas, et vous, vous êtes incapable de répondre. 

Il vous dit (lui-même) de prononcer le mot, et vous n'y arrivez pas. Malgré qu'il insiste, se fâche car "tu te mets en danger, dis-le tout de suite !" et que tout ce que vous arrivez à dire, à travers vos larmes, c'est : "je ne peux pas".

Oui je sais, c'est incroyable. Je viens de le vivre. (j'ai beaucoup de chance, il n'a pas attendu que je le dise pour arrêter). Ne me jugez pas, c'est comme ça. Je n'avais jamais eu à le prononcer avant ce jour. 

Après réflexion, et après en avoir beaucoup parlé avec lui, j'ai compris ce qui m'est passé par la tête. Il a entendu mes craintes et m'a rassurée. Et donc, je pense être capable de le prononcer si cela devait se reproduire.

Ce qui m'intéresse, là, serait de savoir si d'autres ont connu cela, et si elles/ils ont compris pourquoi.
Votre retour sur vos expérience m'aiderait beaucoup.

Et donc bien évidemment, pour cet article, les réponses anonymes seront publiées. 

Je vous remercie d'éviter les leçons sur l'utilité de dire le safe-word. Ce n'est pas le sujet. Et je me sens suffisamment mal comme cela pour qu'on m'en remette une couche... Oui, je sais, le safe-word, il faut le dire sans hésiter...




12 commentaires:

  1. La toute première remonte à plusieurs années maintenant et c'était dans un cadre d/s. J'ai totalement paniqué en milieu de jeu. J'ai refusé d'utiliser le safe Word car je voulais pas le décevoir et je tenais plus que tout à vivre ce qu'il y avait dans ma tête. Il a prononcé le mot à ma place assez vite et j'ai vécu ça comme un échec.
    La deuxième fois, c'était lors d'une fessée punitive celles qui sont supers longues et où la notion du temps n'existe plus. J'avais besoin de souffrir. Je voulais que mon corps ressente la même douleur que ma tête sauf que je n'arrivais plus à distinguer quoique ce soit. Je me souviens avoir entendu sa voix en colère et triste aussi. Il a arrêté, il avait atteint ses propres limites et moi je les avais dépassées mais pas pour les bonnes raisons.
    Quant à la troisième, j'ai fini par le prononcer (voir mon futur post sur le blog) mais le contexte et mon état d'esprit était plus serein et je ne m'étais pas mise une pression de bien faire. Ce qui change tout ��

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    1. Merci Céline. Je me situe exactement dans ton premier exemple, D/s, panique, et pas envie de le le décevoir. C'est tout à fait ça. Premier commentaire, et je vois que je ne suis pas un ovni. Merci encore.

      "et je ne m'étais pas mise une pression de bien faire. Ce qui change tout"
      Mais oui, voilà, en fait. On veut bien faire. Ce que j'appelle vouloir être à la hauteur....

      (voir mon futur post sur le blog) Le boudoir ?

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  2. J'ai connu aussi cela Héléa, même si on s'en veut de ne pas pouvoir l'utiliser, c'est ainsi et il ne faut pas culpbiliser!!
    La toute première fois, c'est avec notre ami commun, c'était la 1ère fessée que je recevais de lui, et ma 2ème en tout! la toute première avait été très soft, quelques claques et assez douces donc pas vraiment une fessée à proprement parlé!
    Donc cette fameuse fessée j'ai découvert ce que c'était réellement, il m'a grondée, ça je ne connaissais pas, je me suis retrouvée à une place complètement inconnue en tant qu'adulte! Je me suis enfermée dans ma bulle mais à un moment, je n'ai plus supporté mais j'ai été incapable de dire quoi que ce soit, quand il a vu mes épaules se secouer, il pensait que je riais, donc il a claqué plus fort mais il a eu un doute et il a touché mes joues qui étaient toutes mouillées, la fessée évidemment s'est arrêtée immédiatement et il m'a demandé pourquoi je n'avais pas utilisé le safe-word mais je n'ai pas pu, impossible de dire stop! cela m'est arrivé une 2ème fois avec lui mais me connaissant il était très vigilant!
    Après cela, je prévenais mes partenaires de jeux que je n'arrivais pas à dire le safe-word et ils ont tous été vigilants et à deux reprises, cela avait dépassé mes limites et je n'ai pas su le dire et ce sont eux qui ont arrêté. Une fois ce fut une fessée et une fois un jeu de D/s. Cela fait partie des raisons que j'ai préféré arrêter ce coté là, car à chaque fois, cela m'a beaucoup perturbée et j'ai eu du mal à me faire confiance!
    Du coup je suis très attentive aux personnes que je fesse, de ne jamais dépasser leurs limites s'ils ne peuvent pas me dire stop!

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    1. Je comprends. Situation différente mais même finalité, on ne peut pas le dire.
      Prévenir le partenaire peut effectivement être une bonne idée.

      "Du coup je suis très attentive aux personnes que je fesse, de ne jamais dépasser leurs limites s'ils ne peuvent pas me dire stop! "
      Ils ont de la chance que tu sois passée par là.

      Merci de ce témoignage ma belle.

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  3. J'ai du l'utiliser une fois et pendant un jeu de D/s. Il avait trop d'emprise sur moi et j'ai pris peur. J'ai mis du temps à le dire.
    Ensuite pendant une fessée, de son côté, il avait bien vu que ça n'allait pas et avait progressivement diminué.
    Le problème avait été tout bête. Je m'étais mise trop de pression, peur de décevoir et je n'arrivais pas à me mettre dans l'esprit de notre jeu. Ça en devenait une torture psychologique.
    Une sensation de mal être.
    Nous en avons beaucoup parlé. J'avoue que j'y pense de temps en temps.

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    1. Merci Cléa. Toujours les mêmes mots. Trop de pression. Peur de décevoir. Bon faut qu'on arrête hein ? Ils ne nous en demandent pas tant.
      Nous aussi on en a beaucoup parlé. Et c'est ce qu'il faut faire.

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  4. Bon... on va encore venir me dire que je suis contrariante :p...
    Je n'ai jamais eu à prononcer mon safe-word.
    Une fois, pour ma deuxième rencontre fessée exactement, nous n'en avions pas parlé avant et à un moment dans cette rencontre, j'ai été mal à l'aise parce que je ne savais plus s'il était sérieux ou non, rien de grave cependant. Mais on en a parlé et on a décidé d'un mot pour les fois suivantes. Et depuis, je crois en avoir toujours eu un "au cas où", mais sans avoir jamais eu à le prononcer. Mes partenaires ont toujours été capables de voir quand ils flirtaient de trop près avec les limites.
    D'ailleurs c'est intéressant de voir qu'il t'a demandé de le dire... Pour moi le safe-word, c'est un peu comme le bouton urgence ou le signal d'alarme d'un train... donc le truc à n'utiliser qu'en cas de nécessité "absolue" quand l'autre ne voit pas le problème. S'il l'a vu et s'est arrêté, pourquoi devoir le dire ?

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    1. Merci Sia.
      Donc toi tu n'as pas vraiment bloqué pour le prononcer.
      La question n'est pas de : pourquoi devoir le dire ? mais : pourquoi ne pas y arriver ;-)

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  5. « Le mot de passe, c’est un vrai mot d’arrêt. A partir du moment où le mot est lancé, on s’arrête. C’est une règle, une loi qu’il n’est pas question d’outrepasser. »

    Trop de pression, peur de décevoir.
    La pression est beaucoup plus importante dans la D/s. La douleur est le facteur le plus important qui nécessite l’emploi du safeword. Son utilisation est normale en particulier si l’intensité de la douleur est très évolutive ou inconnue. Mais ce n’est pas le seul cas de son utilisation. En effet la soumise peut également approcher ou atteindre une barrière morale dans certaines pratiques ou introspectivement juger de la valeur de sa soumission et en définir ses limites.

    D’un autre côté, le stress de la situation, les conditions psychologiques et l’état émotionnel peuvent être à l’origine du déclenchement de certaines phobies parfois même ignorées de la soumise ou dont elle a connaissance mais veut les affronter (enfermement, peur de la souillure, peur de l’étouffement, peur des piqûres, etc..). Ces phobies soudaines sont à l’origine d’une panique générale et des comportements parfois désordonnés qui engendrent généralement l’absence soudaine de l’emploi de la paroles et accentuent des risques dans la pratique.
    « Parfois, l’esprit du soumis peut sombrer dans un état de transe profond, dans lequel il est incapable d'utiliser la parole. » Dans ces cas d’urgence précis seul le dominant peut intervenir.

    Alors, pourquoi le dire ?
    « Même si un soumis ne parvient pas à dire le safeword, le dominant est toujours responsable de leur bien-être et il est donc important qu'ils gardent un contrôle constant sur le temps de réaction et la réactivité du ‘fond’ (du soumis). » Si la soumise est réactive et peut s’exprimer, elle doit le dire.

    Enfin : « Qui ne dit mot consent.. »
    La domination soumission est une éternelle recherche dans ses limites. Si un blocage existe sur le prononcé du mot de sécurité, le dominant se retrouve dans une situation très particulière puis qu’aucune limite est imposée. Le dosage est impossible et la pratique devient dangereuse.

    Si, certaines pratiques au sein du BDSM abandonnent l’utilisation du mot de sécurité, personnellement je ne pratique pas ces formes extrêmes de domination soumission.
    D.

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    1. Merci Monsieur. Ceci-dit, dans ce cas précis, j'étais capable de parler. Puisque je disais : "je ne peux pas". C'est juste le mot que je ne pouvais pas dire.

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  6. Peut-être doit on simplement changer le mot..Par une phrase comme: "Je ne peux pas le dire"..
    Je propose plutôt lors de pratiques difficiles d'utiliser la petite monnaie dans la main. Le jet de la monnaie est le plus efficace..

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    1. Oui les pièces pourraient être une solution si cela se reproduit. Enfin il ne faut pas transpirer ou faire un faux mouvement lol. Sinon poum par terre ;)

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Je ne publie pas les commentaires anonymes. Merci de votre compréhension. Héléa