mardi 5 juin 2018

A la plage


Il suffit parfois d'un rien. Se balader, au soleil de début juin, le long des plages, sans aucun but que celui de profiter de la chaleur encore supportable de l'été qui s'installe. 

On voit que les plages commencent à se remplir, on est loin de la foule des vacances scolaires, il y a de la place pour poser sa serviette et s'installer confortablement. Bouteille d'eau fraiche dans le rafraichisseur, livre, téléphone, cigarettes. Ha non plus de cigarettes. Un fruit.

Le moment toujours gênant du déshabillage, un rituel. D'abord le short, et une fois assise, le top. Encore plus troublant, se tartiner de crème, de partout. En espérant que les autres personnes ont autre chose à faire que me regarder.

Je lève les yeux et le vois. Regard de braise, cheveux bruns ondulés qui donnent envie de passer la  main à travers. Il a l'air de surveiller que je mets bien la crème de partout. Moi, je baisse les yeux direct, et fais mine de rien. Je continue de me passer consciencieusement la crème (il faut bien se protéger, surtout les premières expositions, quand la peau est si blanche). 

Le malaise est là, pourtant. Regard de braise est à deux serviettes de moi, et seul. Je dois bien pourtant finir par lever la tête. Et si je me retournais ? Hop sur le ventre, mon livre et je l'oublie. Bonne idée.

Après m'être rendue compte que je lisais le même passage pour la troisième fois, avec des fourmis dans les jambes, j'ai soif. Bien obligée de m'assoir. J'essaie mon air naturel numéro 3, celui où on se retourne de façon classe et naturelle, pas celui où on se retrouve à quatre pattes, vous voyez ? Une fois assise, tout en sortant la bouteille de son étui, petit regard discret deux serviettes à droites. Regard de braise accroche mon regard, d'un air légèrement moqueur. Pas dupe du tout, et très sur de lui.

Je bois, mais cette fois, courageusement, je le fixe d'un air de dire : "quoi ? vous avez un souci avec moi ?" Non mais c'est vrai quoi, je viens à la plage pour me détendre, pas pour une inspection en règle. 

Mais que fait-il ? Ha il remballe. Très bien. Je vais pouvoir aller goûter l'eau. Enfin débarrassée de cet enquiquineur. Tranquille. 

Une ombre. Je lève la tête. C'est lui. De près il est encore plus beau. Je le regarde d'un air interrogateur.

"Je peux m'installer près de vous ? Nous sommes seuls tous les deux, on pourra discuter..."
"Mais.. Heu... Oui, pourquoi pas ?"











 


6 commentaires:

  1. Ben, tiens! Je sais pas pourquoi, mais je sens que tout ça va se terminer par une fessée.

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    1. Ha mais non ! Pourquoi d'abord ? Et ça voudrait dire une suite ? Voyons, FF, voyons....

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  2. Fiction ou réalité....le doute plane.
    En tout cas joliement écrit 😉

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  3. bizarrement je pense la même chose que Mr François Fabien!!

    vite la suite!

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Je ne publie pas les commentaires anonymes. Même avec des initiales. Merci de votre compréhension. Héléa