lundi 23 juillet 2018

Elle l'attendait.


Elle l’attendait. Le train n’allait pas tarder. Le parking était quasiment vide, en cette période estivale, par miracle une place à l’ombre était libre. Ce sont des petites choses qui font toujours plaisir.

Elle l’attendait, debout sur le quai. Malgré l’interdiction, une cigarette lui aurait fait du bien. Parfois, cela la prenait encore. Cette envie. Mais elle résistait. Ç’aurait été dommage.

Elle l’attendait, frémissante, se demandant comment la journée allait se passer. Bien sûr, elle savait les grandes lignes. Mais avec lui, tout pouvait changer. Finalement, c’était l’inconnu à chaque fois.

Elle l’attendait, maintenant sa robe, une brise légère avait tendance à vouloir se glisser dessous, et la soulever. Et tout le monde saurait. Tout le monde saurait qu’elle ne portait pas de culotte, selon son ordre. D’y penser, une humidité se fit sentir au creux d’elle.

Elle l’attendait, impatiente, faisant les cent pas sur ce quai. Elle voulait le voir. Entendre sa voix. Sentir son nez dans son cou.

Elle l’attendait, fébrile, pensant à tout ce qu’il pourrait lui faire. A tout ce qu’il allait lui faire. Du bien, du mal, elle aimait autant les deux.

Elle l’attendait, nerveuse, va-t-il aimer ma robe ? Elle avait attaché ses cheveux, il aimait voir son cou. Mais elle était fatiguée et se trouvait mauvaise mine. Elle se voulait belle pour lui.

Elle l’attendait, soumise, prête à tout pour lui plaire. Prête à tout pour le rendre heureux, surtout. Obéir, sourire, frémir.

Elle l’attendait, avide, de ces moments si forts, de ses mains, de sa bouche, de son sexe. De sa façon de la prendre, qui disait qu’elle lui appartenait.

Elle l’attendait, inquiète, de ses nouveaux plaisirs, faire mal un peu plus à chaque fois. 

Elle l’attendait, ravie, aussi, de ses nouveaux plaisirs, faire mal un peu plus à chaque fois.

Elle l'attendait, curieuse, de savoir si elle résisterait au safe-word. 

Elle l'attendait, coupable, des fautes graves qui seraient punies par lui. 

Elle l’attendait, distraite, toute à ses pensées. N'avait pas entendu le train.

Monsieur était là devant elle...






4 commentaires:

  1. Le bonheur de l'attente. Heureusement qu'il n'a pas raté le train.

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    1. Alors là, je crois que je me fâche tout rouge. Enfin, c'est un image, hein, ?

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  2. Tu m'as touchée avec ce texte. Il est magnifiquement écrit.
    L'attente est parfois douloureuse, l'absence surtout. Mais quand les heures s'inversent et qu'il ne reste "plus que X minutes" au lieu de "encore X heures/jours", alors une vague d'émotions t'emporte.
    On devrait toutes avoir la possibilité de vivre cet instant "quai de gare", je le trouve puissant et chargé de belles émotions, ce moment.

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    1. Merci Céline. C'est tout à fait ça, la vague d'émotions si différentes, qui part dans tous les sens dans ta tête. Alors Monsieur m'a dit qu'il attendait la suite (je n'en avais pas prévu lol). Donc il y a un "Elle l'écoutait" prêt à être publié. (On est sensées écouter, non ?)

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