samedi 7 juillet 2018

Où j'apprends vraiment à me soumettre (2)



Après cette matinée riche en changements, il m'a laissée passer une petite robe et nous avons grignoté tranquillement. Nous avons très peu mangé, en fait. 

L'ambiance était zen, de toutes façons nous nous entendons bien tous les deux. Les rôles sont bien posés, mais nous discutons toujours sur un pied d'égalité. Je reste à ma place, bien sur, mais je peux dire ce que je veux, sans censure (dans les limites du respect, évidemment).


 
Il me dit qu'il aimerait s'entrainer avec les cordes dans l'après-midi. 

Ce n'est pas très confortable, en fait. J'étais assise sur ma chaise de bureau minimaliste et patientais pendant qu'il regardait des tutos et me tournait autour. Mais cela ne me gênait pas. Au contraire, savoir qu'il s'entraine sur moi me fait plaisir. Par contre l'assise est très ferme, et mes pauvres fesses souffraient avec ce qu'elles avaient reçu le matin.

Quand je pense à la première fois où il m'a attachée (et vraiment ce n'était rien du tout), et où j'ai fait une attaque de panique, cette fois si terrible où je n'ai pas réussi à prononcer le safe-word, et là, je lui confiais mes bras, mes poignets, toute molle sans réfléchir. Aucune peur, aucune crainte. Je bavardais, même... 

Le seul souci, ce sont les marques que peuvent laisser les cordes, mais j'ai trouvé l'astuce pour les cacher. Des bracelets très larges. Ou plusieurs petits, élastiques avec des perles. On fait comme on peut. C'est l'été, il faut s'adapter.

Donc, pendant un bon moment, j'avais mon Monsieur qui réfléchissait, m'enroulait des cordes dans tous les sens, tournait autour de moi, ou me faisait tourner sur la chaise, puis me disait que là ce n'était pas joli, défaisait son travail pour recommencer.

Devinez, il en a noué une à nouveau sur mes cheveux. Il a l'air de bien aimer attraper cette corde et tirer en arrière. Juchée sur le tabouret qui tourne, j'essayais de garder mon équilibre. Et je souriais de le voir si content. 

Lorsqu'il m'a montré la photo de mon dos, et que j'ai vu tout ce qu'il avait fait, j'étais étonnée. Et j'ai trouvé ça joli. Si j'ai bien compris il n'a pas assez de cordes. Je pense qu'il va aller trainer du côté du magasin de bricolage.

Il a repris son inspection, à savoir ses nœuds, et surveiller que le fait que je bouge tout le temps, n'ait pas trop déplacé les cordes et coupé la circulation. Puis il en a pris un bout et a commencé à l'enrouler autour de mon cou. Sans serrer du tout. Mais je suis quelqu'un qui ne supporte pas les chemisiers boutonnés jusqu'en haut, les cols roulés, etc. Donc je me suis crispée. Je lui ai expliqué. Il a retiré la corde aussitôt.

J'étais une nouvelle fois incapable de bouger (les jambes étaient libres, mais elles m'étaient bien utiles pour me caler). Descendre d'un siège haut, les bras dans le dos, en sentant que la corde dans mes cheveux ne pendait pas librement, ne donne pas trop envie de tenter le coup. Je le vis s'approcher avec ses outils et il me donna des coups de cravache et de martinet (hé oui, il est mordu je crois bien).




Je sens que cette chaise va servir souvent...

La séance d'entrainement étant terminée, il me fit descendre et m'emmena dans ma chambre. Je me suis retrouvée sur le lit dans une position improbable, sur le ventre, genoux remontés, bras attachés dans le dos, et forcément, ma tête posée à même le matelas. Finalement assise sur la chaise n'était pas si inconfortable.

Je l'entendis se déshabiller. Il s'approcha de moi, me pénétra, prit les cordes dans mon dos à pleines mains, et ce fut encore un moment intense. Là non plus, pour la troisième fois de cette journée, et encore d'une manière différente, je ne pouvais rien faire. Mais je ne me posais plus de questions, j'étais dans le ressenti total de ce qu'il me faisait. Oui, très intense.

Puis, il s'allongea près de moi, me prit dans ses bras, et me dit combien il était fier de moi, sa soumise, et il commença le long détachage. A ce moment, je pourrais paniquer. Mais j'arrive à prendre sur moi. et il me parle tout le temps. C'est rassurant. 

Il est vrai que le chanvre fait mal, quand ça frotte. Et n'étant pas une calme, je remue. Une fois détachée, lorsque mes membres ont repris leurs places, la douleur fut assez forte (non, pas intense, n'exagérons rien). Et quand j'ai vu les marques laissées par les tours, j'étais persuadée que le lendemain je devrais porter les bracelets. Mais non. Comme quoi.

Il restait une heure et demie avant son train. On s'est mis chacun sur son ordi, je lui ai piqué des photos (Monsieur mitraille tout le temps), on discutait, on rigolait, c'était bien sympa. Oui, il va y avoir les vacances, mais moi je relirai ces deux pages, je n'en reviens toujours pas ce tout ce qu'il m'a fait, et que j'ai accepté. Il m'a dit que j'avais évolué très vite. Que j'étais une soumise. J'ai répondu : "votre soumise". Il n'a rien dit mais à souri.

J'écris ce texte à presque J+2. J'ai mal partout. Un peu aux fesses encore, mais surtout en haut des bras, là où j'étais appuyée sur le dossier de la chaise le matin, et j'ai des courbatures au dos, et à la nuque. Mon corps aussi va penser à lui.

Monsieur, je sais que vos vacances n'ont pas encore commencé, mais rentrez vite ! 



















4 commentaires:

  1. Pas si soft qu'annoncé, finalement, ce récit. Comme quoi ce que Monsieur vous impose est finalement tout à fait dans vos cordes (si j'ose dire)

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    1. Vous m'avez fait rire François, avec votre "dans vos cordes". Merci ça fait du bien.

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  2. Si je peux me permettre un conseil, il serait sans doute bon que votre Monsieur prenne contact avec des associations de shibari dans votre région. Comme Lyon shibari ou La Corderie à Marseille. Ce sera toujours mieux que des tutos sur le net.

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    1. C'est une bonne idée Équilibre. Mais à chacun son monde...

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