vendredi 12 octobre 2018

Marylou (14)

Et Marylou apprit la patience. 

Elle qui avait l'habitude d'obtenir ce qu'elle désirait lorsqu'elle le voulait, qui faisait les choses comme elle l'entendait, comme toute personne qui assumait sa vie, ses problèmes, toute seule, dut apprendre la patience. Et accepter les frustrations.

Certaines décisions n'étaient plus de son fait. Si "avant" elle voulait aller au resto avec untel ou untel, il lui suffisait de passer par la salle de bains, se faire belle et y aller. Maintenant, selon la personne avec qui elle voulait sortir, il lui fallait demander l'autorisation de Monsieur Franck. 

Si elle prévenait que tel jour elle serait très prise, elle avait immanquablement la question : "Où seras-tu ?".

Elle ne savait pas que cela se passerait de cette manière. Un sorte de surveillance, en fait. Certains jours elle trouvait cela sympa, elle se disait que c'était parce qu'il la protégeait, qu'il tenait à elle, mais d'autre jours elle devait bien s'avouer que cela l'énervait un peu. 

Bien sur, elle ne lui en disait jamais rien. Elle obéissait. S'il disait qu'il ne lui permettait pas d'aller au resto ce soir, elle respirait un grand coup, répondait "Oui Monsieur", et s'en allait dans sa salle de bains se déshabiller. Dans ces moments-là, elle avait l'impression de retomber en enfance. Mais que faire ? 

Elle n'avait absolument pas envie de désobéir. Et Monsieur Franck disait les choses calmement, mais il n'aurait pas toléré qu'elle transgresse sa décision.

Heureusement, cela n'arrivait pas trop souvent. Et parfois il était d'accord. Il ne fallait pas que ce soit avec un Dominant, par exemple. Une petite fille, vraiment. A qui on dit non. Et qui baisse le nez et dit "Oui Monsieur".

Elle devait donc aussi apprendre la patience. Elle avait senti dès les débuts qu'elle ne pouvait pas se comporter avec lui comme avec un petit ami. Par exemple, elle n'osait pas envoyer trop de sms, lui demander "alors, on se voit quand ?" Ou "je veux ceci, je veux cela" Le "voudrais" était plus correct.

Parfois elle demandait une autorisation, et il lui répondait qu'il allait y réfléchir. Elle trépignait. Mais ne disait rien. 

Heureusement, elle avait son travail, cela l'occupait, parce que sinon elle serait toujours dans l'attente qu'il lui donne des nouvelles. Quoique si elle était vraiment honnête, l'un n'empêchait pas l'autre. Elle pouvait être occupée et espérer que le téléphone sonne.

Mais elle avait eu une bonne nouvelle la veille. Ils se verraient le week-end prochain. Elle avait pour consigne de se souvenir des positions apprises. Et il l'appellerait aussi car il voulait parler avec elle de "règles". Quelles règles ? Et comme d'habitude, il lui fut répondu qu'on en parlerait plus tard. Patience et frustration ? La vie des soumises n'est pas toujours facile. 

Mais d'un autre côté, elle devait reconnaitre qu'elle aimait ça. Que Monsieur Franck décide pour elle. C'était certes contradictoire, mais elle n'y pouvait rien. Elle râlait, mais ne se plaignait pas. Et puis, ça passait, de toutes façons. Et elle arrivait à comprendre qu'il n'ait pas envie que sa toute nouvelle soumise aille voir d'autres Dominants. Qui sait, peut-être qu'avec le temps..

Et Marylou se mit à genoux, histoire de se souvenir de la position d'acceptation, un sourire béat aux lèvre. Ce week-end, ce week-end, chantonnait-elle. Cela valait bien trois restos refusés non ?










3 commentaires:

  1. Il y a beaucoup de savoir-faire de sa part pour obtenir un abandon total de la part de celle qu'il a consenti à prendre en mains.

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  2. Oui en effet. J'ai l'impression qu'être Maître demande une certaine expérience.. Ainsi la soumise n'a plus qu'à obéir et laisser faire.

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  3. La patience n'est pas inscrit dans les gênes d'une femme... et ces Messieurs savent la mettre à rude épreuve 😊

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